Retour

Armes à feu : opposants et défenseurs critiquent le projet de loi C-71

Alors que commencent les audiences du Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur le projet de loi C-71, les détracteurs comme les défenseurs des armes à feu dénoncent le fait que le gouvernement ne s'attaque pas correctement à l'encadrement des armes, même si leurs motivations respectives sont diamétralement opposées.

Un texte de Dominique Degré

« On appuie les mesures qu’il y a dans le projet de loi, mais on les critique parce qu’elles sont vraiment faibles et il y a beaucoup de lacunes dans la loi actuelle qui ne sont pas touchées par la loi C-71 », lance la coordonnatrice de Poly se souvient, Heidi Rathjen.

Le principal problème de la nouvelle législation selon elle, c’est qu’elle n’interdit pas la vente d’armes d’assaut, comme celles qui ont récemment été utilisées dans certaines tueries aux États-Unis.

« On voit le risque de ces armes-là, et ces risques-là ne justifient pas [leur possession] quelque soit les bénéfices que les amateurs d’armes pourraient en tirer », soutient Mme Rathjen.

La coordonnatrice de Poly se souvient croit également que le gouvernement fédéral est assis entre deux chaises, car il doit à la fois satisfaire ses engagements électoraux sans aliéner l’électorat proarme.

« Le lobby des armes, c’est de nombreuses associations et regroupements […] Ces gens-là sont tous politiquement impliqués, ce qui crée une énorme pression sur les députés, avance Heidi Rathjen. [Les libéraux] font le strict minimum pour techniquement se conformer [à leurs promesses] », renchérit-elle.

Un projet qui rate la cible, selon une organisation proarme

« C’est un projet de loi qui est complètement inutile. Il ne règle rien présentement au niveau de criminalité », avance quant à lui le président du groupe Tous contre un registre québécois des armes à feu, Guy Morin.

Des mesures du projet de loi C-71, comme le retour des permis de transport pour les armes restreintes ou l’imposition de la vérification de permis lors de vente d’armes entre particuliers, n’empêcheront en rien un individu malveillant de se procurer une arme, insiste-t-il.

« Une personne qui veut faire un mauvais coup ne s’achètera pas une arme légalement, elle va plutôt se la prendre sur le marché noir où elle n’est pas enregistrée », relate M. Morin.

Pour réellement contrecarrer la vente illégale d’armes à feu, il faudrait selon lui que le gouvernement ait le « courage » de s’attaquer aux groupes qui importent des armes des États-Unis pour en faire la revente.

En ce qui concerne le commerce légal d’armes d’assaut, qui peut soulever des inquiétudes, « au lieu de bannir l’objet, il faut travailler au niveau de ceux qui veulent en posséder », propose M. Morin, en soulignant au passage qu’il serait possible de revoir à la hausse l’âge minimum pour acheter un fusil d’assaut semi-automatique.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

Plus d'articles