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Boom inquiétant de méthane dans l’atmosphère

Les concentrations atmosphériques de méthane, un puissant gaz à effet de serre, affichent une forte augmentation depuis 2014, montre le premier bilan mondial des émissions de méthane publié par le Global Carbon Project regroupant 80 scientifiques de 15 pays.

Ce rapport montre que les sources d’origine naturelle sont responsables de 40 % des émissions de méthane, et que les sources d’origine anthropique, directement liées aux activités humaines, sont responsables de 60 % de ces émissions.

Les troupeaux (émissions liées à la digestion des ruminants et à la fermentation des fumiers) représentent à eux seuls 30 % des émissions de méthane d’origine anthropique .

L’agriculture (et la culture du riz) et le traitement des déchets représentent environ 70 % des émissions liées aux activités humaines.

Parmi les sources naturelles, le document cite les zones humides comme les marais, les mangroves, mais aussi les mares de dégel du pergélisol en Arctique.

Le document montre ainsi que les sources de méthane sont variées et nettement plus nombreuses que les sources de CO2, un autre gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement climatique.

Inquiétudes climatiques

Ce bilan montre qu'aucun des scénarios du 5e rapport du GIEC sur les changements climatiques ne reproduit l'évolution récente observée des concentrations de méthane.

L’objectif du GIEC est de contenir le réchauffement global terrestre sous 2 °C.

Un tel objectif deviendra de plus en plus difficile à tenir si l'on ne réduit pas les émissions de méthane fortement et rapidement.

Auteurs du rapport

Les concentrations de méthane dans l’atmosphère sont deux fois et demie plus fortes que ce qu’elles étaient avant le début de la révolution industrielle. Elles avaient connu un léger ralentissement entre 2000 et 2006, mais depuis 2007, elles augmentent de plus en plus vite. Cette accélération est particulièrement inquiétante depuis 2014.

« Si l’on connaît assez bien les principales sources d’émissions du méthane, on explique très mal cette brusque augmentation », explique la chercheuse Marielle Saunois, de l'Université de Versailles Saint-Quentin, qui a participé à l’étude.

De façon inquiétante, la vitesse d'augmentation se rapproche du scénario le plus pessimiste.

Marielle Saunois

Jusqu'à aujourd’hui, les mesures contre le réchauffement se sont largement concentrées sur le CO2, issu pour une large part des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Le méthane est 28 fois plus réchauffant que le CO2 tout en persistant moins longtemps dans l'air (environ 10 ans). Cela veut dire que les actions prises aujourd’hui pour faire baisser les émissions porteront rapidement leurs fruits.

Le détail de ces travaux est publié dans l’Earth System Science Data et l’Environmental Research Letters.

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