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Ce que nos ancêtres ont aperçu dans le ciel il y a 70 000 ans

Alors que les humains modernes commençaient à quitter l'Afrique et que les Néandertaliens peuplaient encore la Terre, l'étoile de Scholz - du nom de l'astronome allemand qui l'a découverte en 2013 - s'est approchée à moins d'une année-lumière du Soleil. Une visite dont les effets sont toujours palpables aujourd'hui. Explications.

Un texte d'Alain LabelleL’étoile de Scholz est un système stellaire binaire formé par une petite naine rouge, qui a environ 9 % de la masse du Soleil, autour de laquelle gravite une naine brune beaucoup moins brillante et plus petite.

Elle s’est retrouvée à environ 0,82 année-lumière du Soleil il y a 70 000 ans, à la limite du nuage d'Oort, une région située bien au-delà de l'orbite des planètes et de la ceinture de Kuiper de notre système.

Cette distance est considérée comme très proche en termes astronomiques. Il est fort probable que les premiers humains ont vu sa faible lumière rougeâtre dans la nuit préhistorique.

C’est une équipe internationale de scientifiques qui avait documenté la présence de l’étoile dans notre voisinage cosmique dans des travaux publiés en 2015.

Le nuage d'Oort est composé de milliards de comètes de tailles variables. La partie externe de ce nuage forme la frontière gravitationnelle du système solaire. Il est situé à plus de 1000 fois la distance entre le Soleil et Pluton.

Or, selon une étude européenne publiée cette semaine, des chercheurs affirment que le mouvement de certains objets qui le composent est encore marqué par le passage de l’étoile.

Pour en arriver à établir l’effet à long terme du passage du duo stellaire, les chercheurs ont étudié 340 objets qui possèdent des orbites hyperboliques, c’est-à-dire en forme de V et non conforme aux orbites elliptiques, comme celles des planètes.

C’est à partir de cette analyse qu’ils ont établi que la trajectoire de ces objets est toujours influencée par le passage de l'étoile de Scholz.

Selon les chercheurs, la présence de cette étoile n'a pas perturbé tous les objets hyperboliques du système solaire, seulement ceux qui étaient le plus proche d'elle à l'époque.

De nos jours, l’étoile de Scholz se trouve à environ 20 années-lumière du Soleil.

Le détail de ces travaux est publié dans les Royal Astronomical Society Letters (en anglais).