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Certains antiacides endommageraient les reins

Des médicaments avalés par des millions de Canadiens pour contrôler les brûlures d'estomac et les reflux gastriques pourraient mener à des dommages à long terme aux reins. Or, il n'existe actuellement aucun avis d'effets secondaires à cet effet.

Les molécules en question sont les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ils sont prescrits pour réduire la production d'acidité gastrique sur une période de 18 à 24 heures. On les retrouve dans les marques comme Losec, Nexium et Prevacid.

Des médecins avaient précédemment observé chez certains patients des problèmes rénaux aigus, comme une diminution de la miction, une enflure des jambes, des chevilles ou des pieds, ou des nausées.

Ces symptômes étaient souvent considérés comme un avertissement de lésions rénales potentiellement plus permanentes.

Ils incitaient certains médecins à arrêter de prescrire ces produits à leurs patients.

De plus récentes études publiées dans le journal Kidney International montrent que des dommages peuvent aussi survenir à long terme et beaucoup plus subtilement.

C'est une maladie silencieuse, en ce sens qu'elle érode très peu et très progressivement la fonction rénale au fil du temps.

Ziyad Al-Aly, École de médecine de l’Université de Washington

Le Pr Ziyad Al-Aly et ses collègues ont analysé les dossiers de 125 000 patients américains auxquels on avait prescrit des IPP. Ce qu’ils ont découvert est inquiétant : plus de la moitié d’entre eux ont commencé à avoir des problèmes rénaux chroniques, alors qu'ils n’avaient eu aucun problème rénal aigu auparavant.

L'étude a également révélé que les personnes qui consommaient des IPP présentaient, en moyenne, un risque accru de 20 % de souffrir d'une maladie rénale chronique par rapport à ceux qui prennent des antihistaminiques H2, comme Zantac ou Pepcid. Ces médicaments réduisent également la production d'acide gastrique et sont en vente libre.

Les problèmes rénaux restent rares chez ceux qui prennent des IPP. En fait, aucun lien de causalité n’a été établi. Les chercheurs expliquent toutefois que même une petite augmentation du risque potentiel peut avoir un effet important, sachant que le médicament est pris par des millions de personnes.

Les IPP sont parmi les médicaments les plus prescrits au Canada, et certaines personnes en prennent pendant plusieurs années.

Ce n’est pas la première fois que les IPP sont associés à des problèmes de santé. Leur consommation a déjà été liée à un risque accru de fractures, de pneumonie, et d’infection par le C. difficile.

Santé Canada rappelle d'ailleurs que ces médicaments doivent être utilisés sur de courtes périodes et à petites doses.

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