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Changer la couleur du sang pour suivre la concentration d'un médicament

Des chercheurs suisses ont créé un biocapteur lié aux anticorps qui peut suivre la concentration d'un médicament dans le sang en changeant de couleur.

Un texte d'Alain LabelleConnaître la concentration d’un médicament dans le sang d’une personne est l’un des aspects importants du traitement.

Des équipements et des infrastructures sont toutefois nécessaires pour y arriver, et cela porte atteinte à la qualité de vie des patients. De plus, ils font souvent défaut dans les pays en développement.

Le biocapteur créé par Lin Xue et ses collègues de l’École polytechnique de Lausanne est incorporé à un système autonome qui peut être utilisé sur le terrain ou par les personnes à la maison.

Ce biocapteur est une molécule faite de trois composants :

  • une protéine capable de se lier au médicament à contrôler;
  • une enzyme électroluminescente (luciférase);
  • une molécule fluorescente de marquage appelée SNAP-tag

La protéine (le premier composant) reconnaît la SNAP-tag et s’y attache lorsqu’aucun médicament n'est présent. Cela provoque une réaction entre la luciférase et la molécule fluorescente qui produit une lumière rouge.

Lorsque le biocapteur détecte le médicament et s'y lie dans le sang ou dans la salive, l'anticorps « préfère » s'y lier plutôt qu'à la SNAP-tag. La réaction émet alors une lumière bleue.

Les anticorps sont naturellement capables d'identifier des molécules étrangères et de s'y lier. C’est ce qui amène notre système immunitaire à lutter contre les infections. De plus, générer des anticorps capables d'identifier spécifiquement de petites molécules telles que des médicaments est une procédure de routine. Cela signifie que le système de contrôle peut s'adapter à un nombre virtuellement illimité de molécules, tandis que les patients peuvent exécuter eux-mêmes le contrôle à la maison et recevoir une information d'une qualité de niveau laboratoire.

Les chercheurs ont testé les nouveaux biocapteurs avec trois médicaments, le méthotréxate, la théophylline et la quinine.

La prochaine étape sera d'optimiser la sensibilité du biocapteur, afin qu'il puisse détecter avec précision des concentrations nanomolaires, et même inférieures, de médicaments ou de biomolécules dans des échantillons cliniques.

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