Alors que de plus en plus d'écoles ajoutent des appareils électroniques dans le matériel scolaire obligatoire, de nombreux chercheurs s'intéressent à l'impact du numérique sur la qualité d'écriture des élèves.

Un texte de Catherine Paradis

Au congrès de l’Acfas, qui se tient à Saguenay, des équipes universitaires de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ont présenté un sondage mené auprès d’élèves du secondaire au Séminaire de Chicoutimi, selon lequel la tablette électronique à l’école sert bel et bien à l’apprentissage en salle de classe.

« La tablette est arrivée au Séminaire en 2013. Depuis, des parents se sont inquiétés de son utilisation réelle à l’école. Nos résultats sont rassurants pour les parents », conclut le professeur en science de l’éducation Patrick Giroux.

Selon l’étude, qui s’est déroulée sur une période de trois jours à la fin du mois de mars 2018, 98 % des jeunes soutiennent avoir utilisé leur tablette à des fins pédagogiques.

Tout de même, 70 % ont aussi admis l’avoir utilisée pour du divertissement à l’école. Les chercheurs précisent par contre que les jeunes utilisent surtout les réseaux sociaux à l’extérieur des heures de classe et parfois comme plateforme d’échange dans le cadre de travaux scolaires.

Impact sur la qualité du français

Deux autres études présentées à Saguenay révèlent par contre que les élèves ne sont pas nécessairement meilleurs en écriture lorsqu’ils ont accès à un appareil électronique, que ce soit pour prendre des notes ou pour faire un examen.

Dans des résultats préliminaires d’une enquête sur la prise de notes en classe, l’étudiante de l’UQAC Audrey Pépin a constaté que la qualité d’écriture des élèves laisse à désirer, qu’elle soit numérique ou manuscrite, même s’ils ont accès à des programmes de correction.

Le professeur Pascal Grégoire, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), fait écho à ses remarques au terme d’une étude sur l’épreuve uniforme de français de 5e secondaire touchant 304 élèves de 6 écoles du Québec. Dans ses conclusions remises au ministère de l’Éducation, il souligne que les élèves qui n’ont utilisé qu’un logiciel de traitement de texte ont eu un taux d’échec de 48,6 %, comparativement à 37 % chez les élèves qui ont écrit à la main.

Il note par contre une amélioration constante à mesure que les jeunes ont accès à des logiciels de correction, avec des taux d'échec allant de 17,8 % à 20,5 %.

Les élèves qui ont reçu une formation sur la façon d'utiliser ces programmes sont ceux qui ont le mieux réussi.

« Bien qu’il soit inévitable d’intégrer l’écriture numérique dans l’apprentissage, il demeure primordial de bien encadrer les élèves qui utilisent les appareils électroniques. On a tendance à penser qu’ils savent comment les utiliser, alors que ce n’est pas le cas », a-t-il remarqué.

Pascal Grégoire espère que ses travaux permettront de trouver un équilibre entre les bienfaits reconnus de l’écriture manuscrite, comme la rétention de l’information, et la présence grandissante du numérique dans les écoles.

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