Semaine des sciences - Un moyen inoffensif qui permet de détecter des tatouages effacés sur des personnes vivantes est actuellement développé par les chercheurs Gervais Bérubé, Frank Crispino et Gabriel Émond de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Un texte d'Alain Labelle

Leurs travaux ont été présentés lors du 84e congrès de l'Acfas qui se tient jusqu'à vendredi à l'UQAM.

Les tatouages sont des marques distinctives qui permettent d'affirmer une appartenance à un groupe, de porter de manière indélébile son histoire ou encore de transformer une partie de son corps en œuvre d'art.

Utilisés pour identifier des individus, ils peuvent participer à établir l'identité d'une victime ou à décrire l'auteur d'une agression. Toutefois, les techniques toujours plus raffinées d'effacement des tatouages posent un problème pour l'identification de criminels qui sont toujours vivants.

Les méthodes actuelles de restauration sont possibles sur les cadavres, mais le défi reste complet pour détecter, voire de reconstruire, le tatouage après son altération sur des personnes en vie.

La photographie infrarouge permet de discerner des traces sur la peau humaine in vivo, mais ne donne pas de résultats optimaux.

Une épice à la rescousse

Le trio de chercheurs veut donc développer un procédé rapide, efficace, inoffensif et peu coûteux pour détecter les tatouages effacés ou altérés.

La substance qui les intéresse : le curcuma. Pas cher et très sécuritaire, le pigment principal du curcuma, la curcumine, est fluorescent. Éclairé avec des rayons UV, il réémet de la lumière en augmentant les contrastes.

Les chercheurs pensent que l'absorption de la curcumine est différente sur la peau saine et sur la peau abîmée par un tatouage.

Le simple fait de recouvrir une région de la peau d'une substance à base de curcumine, puis de l'examiner avec des UV, permettrait de déceler un tatouage.

Des tests sur les humains doivent maintenant être réalisés.

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