Retour

De nouvelles oreilles canadiennes à l’écoute de l’Univers

Le plus gros radiotélescope en son genre au pays, le CHIME, a été inauguré près de Kaleden, en Colombie-Britannique. Son objectif, mieux comprendre trois frontières de l'astronomie actuelle : l'histoire de l'Univers, la nature des étoiles lointaines et la détection des ondes gravitationnelles.

Un texte d'Alain LabelleLa ministre fédérale des Sciences, Kirsty Duncan, était sur les lieux pour l’occasion et a posé la dernière pièce du nouvel instrument.

L’Expérience canadienne de cartographie de l'intensité de l'hydrogène (CHIME, pour Canadian Hydrogen Intensity Mapping Experiment) a été mise au point par une cinquantaine de scientifiques de l’Université de Colombie-Britannique, de l’Université McGill à Montréal et de l’Université de Toronto, ainsi que du Dominion Radio Astrophysical Observatory (DRAO).

Remonter le temps

Le nouvel instrument aidera les astrophysiciens à mesurer l’expansion de l’Univers durant son histoire, et il pourrait permettre de mieux cerner la mystérieuse énergie sombre qui accélère encore plus cette expansion.

CHIME permettra également d’étudier les sursauts radio rapides. À l’heure actuelle, l’origine de ces étranges incidents extragalactiques demeure inconnue. Depuis leur découverte il y a dix ans, une vingtaine de sursauts seulement ont été recensés.

Étudier les ondes gravitationnelles

Il permettra aussi d’étudier les ondes gravitationnelles, qui font ondoyer l’espace-temps et qui n’ont été détectées pour la première fois que l'année dernière, confirmant le dernier élément de la théorie d’Einstein sur la relativité générale.

Une puissance inégalée

Le CHIME est un nouveau type de télescope composé de quatre réflecteurs cylindriques empruntant la forme d’une moitié de tuyau et ressemblant à des rampes de skateboard. L’espace qu’il occupe équivaut à cinq patinoires de la LNH ».

Un superordinateur traitera les ondes électromagnétiques captées et assemblera une image numérique du ciel, une pièce à la fois. Sa puissance permettra aussi de faire des choses que les chercheurs croyaient irréalisables jusqu’ici, comme regarder dans de nombreuses directions à la fois ou réaliser plusieurs expériences en même temps.

L’ordinateur du télescope est capable d’effectuer sept quadrillions d’opérations par seconde, c’est-à-dire autant que si chaque habitant de la Terre résolvait un million de multiplications chaque seconde.

Ce télescope n’a coûté que 16 millions de dollars. Par comparaison, le réseau de télescopes ALMA situé au Chili et inauguré en 2013 a coûté environ 1,4 milliard de dollars.

Il a été aménagé dans les montagnes de la vallée de l’Okanagan, où se trouve l’Observatoire fédéral de radioastrophysique.

Plus d'articles

Commentaires