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Découverte d’un palmier préhistorique dans les Prairies

Un chercheur a découvert une nouvelle espèce de petit palmier préhistorique qui poussait dans l'Ouest canadien après avoir examiné un fossile faisant partie de la collection d'un musée en Alberta depuis plus de 20 ans.

Les palmiers sont généralement associés à des climats chauds et tropicaux. Toutefois, cette découverte révèle que les palmiers vivaient dans des climats tempérés – et non tropicaux – 20 millions d’années plus tôt que les records fossiles existants laissaient croire.

Le fossile indique également que des palmiers ont poussé plus à l’est des montagnes Rocheuses qu’on ne le croyait.

Le professeur en biologie David Greenwood, de l’Université de Brandon, au Manitoba, a repéré le fossile dans la collection du Royal Tyrrell Museum of Paleontology en Alberta. Le musée situé à Drumheller, à 135 kilomètres de route au nord-est de Calgary, est conservateur de l’artefact depuis que des scientifiques l’ont déterré en 1993.

[Le fossile] est spécial pour deux principales raisons. Premièrement, ça représente un intérêt scientifique pour la chronologie des fossiles indicateurs de changement climatique. Mais aussi, ça prouve que nous avions déjà eu des palmiers au Canada!

David Greenwood, professeur en biologie, Université de Brandon

Le scientifique de l’Université de Brandon a déterminé que le fossile est issu de l’époque du Paléocène, qui remonte à 65 millions d’années.

Néanmoins, l’artefact – qui est aussi grand que la paume moyenne – ne veut pas pour autant dire que les Prairies canadiennes étaient un paradis tropical à l’époque.

« Ça aurait été plutôt une zone tempérée, avec des pins, des bouleaux, des cèdres et d’autres arbres feuillus, soulève M. Greenwood. Le climat aurait été similaire à celui du sud de l’Ontario, c’est-à-dire des hivers froids sans couches de neige qui perdurent et des étés humides. »

Nous voyons des palmiers et nous pensons tout de suite, “Ah ! C’était tropical !”, mais ce n’était pas forcément le cas.

David Greenwood, professeur en biologie, Université de Brandon

Un climat en évolution

Le professeur Greenwood étudie les fossiles de palmier et les climats doux depuis 1993. Il explique que les palmiers adultes peuvent résister à de courtes vagues de froid, alors que les jeunes cultures n’y survivent pas. Donc, si l’on voit que des palmiers survivent dans des régions où les conditions sont généralement trop froides, c’est un indicateur précoce des changements climatiques.

Les palmiers, ce sont les “canaris dans la mine de charbon,”, car ils sont très sensibles à la chaleur et au froid. C’est un présage de l’avenir.

David Greenwood, professeur en biologie, Université de Brandon

Étudier les fossiles d’une époque où la Terre connaissait une période de profonde transition climatique permet aux scientifiques de mieux comprendre les changements climatiques actuels, souligne M. Greenwood.

Le professeur aimerait retourner au site où le fossile du palmier a été déterré, à 18 kilomètres au sud-ouest d’Edmonton.

Nous en avons encore beaucoup à apprendre sur ce petit palmier… nous pourrions même trouver des semences [au site de la découverte].

David Greenwood, professeur en biologie, Université de Brandon

Des scientifiques avaient déjà mis au jour des palmiers fossilisés de l’époque de l'Éocène dans les régions côtières et l’intérieur de la Colombie-Britannique, tandis que des exemples de la période du Crétacé ont été retrouvés en Alberta.

Toutefois, il leur était impossible de faire le pont évolutionnaire des palmiers sans fossiles intermédiaires du Paléocène, époque qui a suivi le Crétacé et qui annonçait le début de l'Éocène.

Christopher West, un candidat doctoral de l’Université de la Saskatchewan ayant travaillé sur le projet, indique dans un communiqué que la récente découverte permet enfin de combler ce trou. « Il nous manquait toujours des fossiles de palmiers de l’époque du Paléocène, mais là, nous avons finalement une chronologie plus complète », conclut-il.

Selon un texte de Nicole Mortillaro (CBC)

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