L'élimination future des déchets en plastique repose peut-être entre les pattes d'une armée de chenilles. C'est du moins ce que laisse croire une récente découverte faite par pur hasard.

La Galleria mellonella fait déjà le bonheur des pêcheurs, qui l’utilisent comme appât. Les apiculteurs, eux, la redoutent, puisqu’elle se nourrit des rayons de cire des ruches.

Voilà maintenant qu’elle pourrait se nourrir de plastique et ainsi faire le bonheur des environnementalistes.

L’auteur principal d’une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Current Biology, Paolo Bombelli, assure que sa découverte tient presque de l’anecdote.

Sa collègue Frederica Bertocchini, coauteure de l’étude, est apicultrice. Elle lui a demandé pourquoi, selon lui, les sacs de plastique dans lesquels elle disposait des chenilles qui s’attaquaient à ses ruches se couvraient de trous.

« Peut-être devrais-tu plutôt utiliser des sacs en plastique qui ne sont pas biodégradables », lui a répondu Paolo Bombelli. Les deux ont éclaté de rire. Mais un an plus tard, Frederica Bertocchini est revenue avec le même problème, bien qu'elle ait changé les sacs qu’elle utilisait.

Ils ont alors découvert que les chenilles étaient à l’origine des trous qui se formaient dans les sacs.

Des chercheurs de l'Institut de biomédecine et de biotechnologie de Cantabrie et de l’Université de Cambridge ont ensuite mis une centaine de chenilles à l’essai dans un sac d’épicerie en plastique.

En 40 minutes, des trous ont commencé à apparaître. Douze heures plus tard, l'équivalent de 92 milligrammes du sac avait été ingéré par les chenilles.

Regardez autour de vous. Il y a tant d’objets fabriqués en plastique. Nous en sommes dépendants, mais nous devons réduire les déchets en plastique. Et tous les nouveaux outils peuvent nous aider dans cette bataille.

Paolo Bombelli

Les scientifiques ne comprennent pas encore parfaitement comment ces chenilles peuvent consommer du plastique.

Et elles ne sont pas les seules. En 2014, d’autres scientifiques avaient découvert que la Plodia interpunctella était en mesure de digérer le polyéthylène, utilisé dans la plupart des emballages en plastique. Sauf que la Galleria mellonella est beaucoup plus rapide.

La ressemblance entre la structure moléculaire du plastique et celle de la cire d’abeille est ce qui a le plus surpris Paolo Bombelli. « Les chenilles croquent dans le polyéthylène comme dans la cire, probablement sans constater qu’il y a une différence entre les deux », explique-t-il.

Certaines chenilles sont donc en mesure de briser la stabilité moléculaire du polyéthylène et le transformer en éthylène glycol. Cette stabilité explique pourquoi le plastique se dégrade très mal dans la nature.

La présence de plastique dans l’environnement est d’ailleurs plus problématique que jamais. En 2015, une étude estimait que 275 millions de tonnes de déchets en plastique avaient été générées en 2010. Une autre étude estimait pour sa part que le nombre de microparticules de plastique dans nos océans se situait entre 93 000 et 236 000 tonnes.

Plus d'articles

Commentaires