Retour

Des chercheurs développent un fauteuil roulant « intelligent »

Un groupe de chercheurs réunis à l'Université de Toronto a créé un fauteuil roulant « intelligent », capable de se rendre automatiquement à un point donné tout en évitant les obstacles sur son passage. Ce fauteuil pourrait bien changer la vie de plusieurs personnes atteintes d'un handicap, espèrent ses créateurs.

Deux prototypes de ce fauteuil ont été créés lors d'un programme de stages d'été de l'Université. Ce fauteuil a la capacité de détecter les objets grâce à deux capteurs visuels, ce qui lui permet de rouler tout seul.

Cela permettrait aux personnes qui ne peuvent pas utiliser de manette d'utiliser plus facilement leur fauteuil roulant et de manière moins fatigante, selon les créateurs du produit.

Tandis que les précédents modèles de fauteuils motorisés devaient coûter plus de 30 000 $, les créateurs assurent que le produit qu'ils ont conçu coûtera plutôt entre 300 $ et 700 $.

Un fauteuil roulant autonome

Xinyi Li, une étudiante en génie mécanique de l'Université du Zhejiang, en Chine, âgée de 20 ans, est à Toronto pour ce stage de 12 semaines financé par l'organisme national Mitacs Globalink.

Elle fait partie de la cohorte de 31 étudiants des quatre coins du globe qui sont venus à Toronto dans le cadre de ce programme pour travailler sur divers projets de recherche.

« Le fauteuil a un capteur qui détecte les objets sans avoir besoin d'utiliser les mains et si vous définissez la destination où vous souhaitez vous rendre et la position actuelle du fauteuil roulant, il roulera tout seul », explique-t-elle.

Un fauteuil concevable rapidement

De son côté, Jonathan Kelly, professeur adjoint d'études aérospatiales à l'Université de Toronto, ajoute que d'autres fauteuils roulants autonomes sont en cours de développement. Ce qui distingue ce prototype, dit-il, c'est que ce dernier utilise une technologie existante, permettant de réduire les coûts.

Il pourrait donc être mis sur le marché au cours des prochaines années.

« Beaucoup de projets sur lesquels nous travaillons nécessiteront 20 ans avant de voir le jour, c'est donc intéressant de penser qu'une chose à laquelle nous avons travaillé pourrait arriver dans le monde réel et aider des personnes d'ici deux ou trois ans », pense-t-il.

Le professeur précise que les capteurs visuels auront la capacité de percevoir les portes en verre, ce qui peut généralement être un point faible pour plusieurs capteurs, qui ne les distinguent pas.

Un changement de vie pour certains

Stewart Craig, âgé de 56 ans, est paralysé depuis qu'il est tombé dans des escaliers il y a deux ans. Il utilise une manette pour manoeuvrer son fauteuil, mais il pense que ce nouveau fauteuil autonome l'aurait bien aidé quand ses mains étaient encore très faibles et qu'il avait dû mal à conduire son fauteuil.

« Mes mains se fatiguent, encore maintenant », dit-il.

Il ajoute qu'il aime toutefois maîtriser les choses et qu'il craint que les capteurs ne voient pas un feu rouge par exemple. « Je m'inquiète d'être jeté dans la circulation », souligne-t-il.

Si la technologie lui assure une conduite sûre, il compte toutefois bien profiter de ce nouveau modèle.

Il faudra toutefois encore améliorer certains aspects, comme le fait de faire fonctionner le fauteuil en plein soleil, puisque pour l'instant l'appareil ne peut être utilisé qu'à l'intérieur.

La prochaine étape sera d'ailleurs de s'assurer que la technologie est totalement sûre et d'obtenir des commentaires d'utilisateurs. Cyberworks demandera aussi l'approbation de Santé Canada avant de mettre le fauteuil sur le marché.

Avec des renseignements de CBC

Plus d'articles

Commentaires