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Des chercheurs du N.-B. veulent développer un superplant de cannabis

Des biologistes de l'Université de Moncton essaient de développer un superplant de cannabis. En attendant la légalisation de la marijuana, ils s'intéressent à son cousin, le chanvre, qui possède très peu de THC, la substance psychotrope du cannabis.

Un texte de Nicolas Steinbach

Le chercheur David Joly et son équipe ont commencé les démarches afin d'obtenir un permis pour cultiver le chanvre à l'Université de Moncton. Une demande de subvention est en préparation pour étudier la plante dans l'enceinte du bâtiment.

Le biologiste David Joly revient de Trois-Pistoles, au Québec, où il a recueilli des échantillons de chanvre dans lesquels pourraient se retrouver certaines maladies qui s'attaquent à la plante.

« On extrait l'ADN pour après ça identifier quelle bactérie, quel champignon était présent dans l'échantillon afin de savoir si c'est une maladie qui est déjà connue sur le cannabis », explique le chercheur.

Le chanvre est scruté à la loupe par des scientifiques comme substitut de la marijuana en attendant que celle-ci soit légalisée. L'objectif est de développer un superplant résistant aux maladies.

La marijuana médicinale est pour l'instant confinée à l'intérieur d'immenses entrepôts et exposée à un taux d'humidité élevé, ce qui est idéal pour la germination des champignons, explique le chercheur.

Les vertus du chanvre

L'équipe de chercheurs s'intéresse également à l'efficacité de la plante. La tige du chanvre peut être utilisée pour faire de l'isolant, et ses graines riches en oméga-3 peuvent être consommées comme un supplément alimentaire.

« On commence par s'intéresser à la résistance de la plante comme premier paramètre, et petit à petit, on va commencer à s'intéresser à d'autres paramètres qui intéressent les producteurs comme la croissance, la production de graines, la production de certains composés », expose le biologiste.

Un pôle d'expertise

Il n'existe pratiquement pas de culture de chanvre au Nouveau-Brunswick, pourtant des agriculteurs s'y intéressent de plus en plus.

Ces recherches seront essentielles à l'émergence d'une nouvelle culture, en plus d'être un laboratoire pour la marijuana.

« C'est important qu'on essaye de rester des pionniers, pour être sûrs qu'on est capable de produire à un niveau comparatif aux autres provinces et pays », indique le chercheur.

En parallèle, une de ses étudiantes, Noémie Pépin, travaille sur la marijuana médicinale chez le producteur Organigram basé à Moncton. Elle étudie certains gènes susceptibles de permettre de développer des plants résistants à un champignon qui nuit à la croissance de la plante.

Ces recherches vont intéresser toute l'industrie : autant les producteurs de cannabis qui se lanceront très bientôt dans le récréatif une fois la marijuana légalisée, que les producteurs de chanvre.

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