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Des chercheurs testent la rouille comme source d'énergie

Des chercheurs de l'Université McGill s'apprêtent à participer à une expérience qui pourrait permettre d'en apprendre davantage sur l'utilisation de poudre métallique comme source d'énergie propre et renouvelable.

Un texte de Bruno Coulombe

Ils ont conçu un appareil qui s’envolera dans l’espace jeudi à bord d’une fusée européenne lancée depuis le nord de la Suède. L’objectif est d’amasser de nouvelles données sur la combustion de poudre de fer pour en tirer de l’énergie.L’équipe de l’Université McGill affirme que la combustion de poudre de fer dégage plus de chaleur à volume équivalent que celle du pétrole.

De plus, les déchets rejetés par cette combustion (c’est-à-dire de la rouille) sont inoffensifs pour l’environnement et peuvent même être récupérés et recyclés en fer.

Sauf que les expériences menées en laboratoire n’ont pas permis d’étudier le phénomène avec précision puisque les gaz générés par la combustion sur terre faussent les résultats.

D’où l’idée de tester le tout en apesanteur grâce à une capsule qui sera placée à bord d’une fusée MAXUS 9, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne. « La combustion produit des gaz très chauds qui ont tendance à monter très rapidement, ce qui favorise la propagation de la flamme. Donc, ce que nous on veut observer sera détruit par la montée de ces gaz chauds. Donc, nous voulons absolument les étudier en cas de microgravité », explique Jan Palecka, chercheur doctorant à la Faculté de génie de l’Université McGill.

De nombreux usages potentiels

Jan Palecka et son équipe affirment que la poudre métallique est une source d’énergie plus pratique que les batteries chimiques ou l’hydrogène, et qu’elle pourrait servir à alimenter certains réacteurs qui nécessitent une combustion à très haute température.

D’ailleurs, la fusée à bord de laquelle la capsule expérimentale prendra place sera elle-même propulsée en partie grâce à de la poudre d’aluminium. Et tout cela sans produire une seule tonne de dioxyde de carbone (un gaz à effet de serre), s’enthousiasme Jan Palecka.

Le chercheur reconnaît cependant que les défis demeurent nombreux : « Il s’agit de mieux comprendre comment les particules brûlent pour être capables de stabiliser cette flamme et de la mettre dans un réacteur. »

Une quinzaine de minutes dans l’espace

Au total, la capsule conçue par l’équipe de l’Université McGill voyagera jusqu’à une altitude de 700 kilomètres et bénéficiera de 12 à 14 minutes d'apesanteur.

Si tout se déroule comme prévu, elle se posera dans la toundra suédoise grâce à un système de parachutes pour être ensuite récupérée. Ce n’est qu’ensuite que l’équipe pourra en analyser tous les résultats, avec l’espoir d’effectuer une percée majeure en vue de développer une nouvelle source d’énergie propre.

Plus d'explications dans cette vidéo produite par l'Université McGill (en partie en anglais)

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