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Des eaux étonnamment chaudes à 14 degrés Celsius en Atlantique

Des scientifiques ont noté un record de température à 14 degrés Celsius en eaux profondes à 200 km de la Nouvelle-Écosse, cette semaine, tandis qu'une tempête de neige s'abattait sur une partie des provinces de l'Atlantique.

« C’est un choc en quelque sorte », affirme Dave Hebert, spécialiste du climat océanique au ministère des Pêches et des Océans du Canada à Halifax. « J’étais très surpris que ce fût si élevé. »

La température de 14 degrés Celsius a été mesurée par des scientifiques à bord d’un navire de la Garde côtière canadienne, les 8 et 9 avril, dans le chenal Nord-Est. Ce dernier se trouve entre le banc de Georges et plateau néo-écossais. Sa largeur atteint 60 km et sa profondeur 250 m.

La colonne d’eau tout entière était étonnamment chaude

Le chenal Nord-Est est une voie d’accès pour le courant en direction du golfe du Maine et de la baie de Fundy.

Toute la colonne d’eau était anormalement chaude, à une température record et bien supérieure à la variabilité naturelle d’un degré, précise Dave Hebert. C’est six degrés au-dessus de la normale, dit-il, en ajoutant qu’il s’attend à des eaux très chaudes cet été dans le golfe du Maine.

En décembre 2017, des scientifiques ont mesuré un record de température dans le bassin de Georges, dans le golfe du Maine.

Depuis presque une dizaine d’années, la température des eaux autour des Maritimes est continuellement au-dessus de la normale. La température la plus élevée a été mesurée en 2012: 14 degrés Celsius en moyenne dans les eaux de surface.

« Ce n’est pas aussi chaud qu’en 2012, mais on s’en rapproche », indique Dave Hebert.

Le golfe du Saint-Laurent se réchauffe

Les eaux du golfe arrivant dans le golfe du Saint-Laurent étaient en 2016 les plus chaudes mesurées jusqu’à présent, et en 2017 elles étaient au second rang, affirme Dave Hebert.

Deux événements inhabituels ont coïncidé avec ce phénomène: l’arrivée inattendue d’un grand nombre de baleines noires de l’Atlantique Nord, qui suivaient peut-être dans la région le zooplancton dont elles se nourrissent, et la migration à grande échelle du bar rayé hors de son secteur traditionnel dans le sud du golfe.

Le changement climatique est-il en cause?

Dave Hebert est réticent à établir un lien entre la situation et le changement climatique parce que la température des océans varie au fil des décennies. Les températures mesurées dans le plateau néo-écossais étaient plus basses que la normale dans les décennies 1960 et 1970.

C’est pourquoi il faire très attention lorsqu’on établit des tendances, particulièrement lorsqu’on choisit les points de départ et d’arrêt des mesures, explique M. Hebert. Si l’on commence au point où les températures étaient plus froides, on obtient une tendance prononcée au réchauffement, mais si l’on tient compte des mesures à plus long terme, la tendance semble moins importante.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

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