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Des fossiles d'anciens vers éclairent les chercheurs sur l'évolution des espèces

Il y a environ 508 millions d'années, le Kootenayscolex barbarensis parcourait les eaux de la Colombie-Britannique préhistorique. Maintenant, ce type de vers, désormais éteint, aide les chercheurs à mieux comprendre l'évolution des espèces au cours du Cambrien.

Les détails d'une nouvelle recherche sur la question ont été publiés lundi dans la revue Current Biology par des chercheurs du Musée royal de l’Ontario et de l'Université de Toronto.

Celle-ci met en vedette le Kootenayscolex barbarensis, une espèce de polychètes de l'embranchement des annélides, communément appelé vers. Les sangsues et les vers de terre font partie de cet embranchement, tout comme les vers marins très colorés que l’on trouve dans des récifs de corail et autour de cheminées hydrothermales.

Le développement d’une bouche dans l'évolution des annélides est longtemps resté un mystère pour les paléontologues. Dans le passé, lorsque des fossiles d’annélides étaient découverts, leur piètre état ne laissait pas aux chercheurs la possibilité de mieux analyser leur tête.

« Tandis que les morceaux isolés de mâchoires d'annélides et certains tubes d'annélides sont bien connus dans les archives fossiles, la préservation de leurs tissus mous est extrêmement rare », explique Jean-Bernard Caron, conservateur de paléontologie des invertébrés au Musée royal de l'Ontario, à Toronto.

En 2012, le paléontologue a découvert une région riche en fossiles en Colombie-Britannique, qui s'est révélée un terrain fertile pour la recherche dans ce domaine : les schistes de Burgess, dans le parc national des Kootenays, sont un site exceptionnel témoignant des débuts de la vie animale sur Terre.

« Vous devez vous tourner vers des gisements fossilifères vraiment exceptionnels, comme ceux que l'on trouve dans la région des schistes de Burgess », ajoute-t-il.

C’est sur ce site que des paléontologues ont trouvé environ 500 fossiles du Kootenayscolex barbarensis datant de 508 millions d'années. En raison de la bonne conservation des fossiles, les chercheurs ont pu observer des détails qui n’avaient jamais été vus auparavant.

Les fossiles donnent un meilleur aperçu de la tête de l'animal, ainsi que de son rôle dans la chaîne alimentaire.

Karma Nanglu, candidat au doctorat à l'Université de Toronto et auteur principal de l'article, dit être ravi d'avoir découvert plusieurs nouvelles caractéristiques qui différencient le Kootenayscolex barbarensis des autres vers connus de cette époque.

« Ce que je croyais être un animal plutôt simple s'est révélé vraiment compliqué », précise-t-il.

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