Des centaines de millions de frênes en Amérique du Nord sont morts depuis la découverte, en 2002, de l'agrile du frêne, un insecte exotique envahissant qui cause des ravages. Voilà qu'un projet de recherche redonne un peu d'espoir : des guêpes importées d'Asie pour lutter contre l'insecte vert.

Toutes les deux semaines, pendant l'été, une équipe de la Ville de Montréal, en collaboration avec le Service canadien des forêts, installe, dans trois boisés de la métropole, des bûchettes et des fioles contenant deux espèces de guêpes originaires d'Asie : Tetrastichus planipennis et Oobius agrili.

« C'est tout petit, elles ne posent aucun danger pour les humains, les animaux. Ça ne pique pas », précise Maryse Barrette, entomologiste au Service de l'environnement de la Ville de Montréal.

Ce sont les Américains qui ont d'abord importé ces deux nouvelles espèces dans le cadre d'un vaste projet de recherche. Le département de l'Agriculture des États-Unis a produit jusqu'à présent plus de trois millions de guêpes dans ses installations, au Michigan.

L'introduction d'une nouvelle espèce exotique, aussi petite soit-elle, éveille toujours certaines craintes. Le cas de la coccinelle asiatique, importée massivement dans les années 80 pour lutter notamment contre les pucerons en agriculture, est encore bien présent dans la mémoire collective.

Dans le cas actuel, le risque que ces guêpes asiatiques deviennent nuisibles est faible, selon les chercheurs.

« Ces espèces-là ont été mises en quarantaine et ont été testées, contre une variété d'espèces qui étaient natives d'Amérique du Nord et apparentées à l'agrile, et on a vu que même lorsqu'elles n'ont aucun choix, elles préfèrent mourir que de s'attaquer à une autre espèce que l'agrile », explique l'entomologiste Maryse Barrette.

Pas une panacée

Les chercheurs s'entendent pour dire qu'on ne parviendra jamais à totalement éliminer l'agrile, mais ces guêpes pourraient aider à endiguer sa progression.

« Le but de la lutte biologique, ce n'est jamais d'éradiquer complètement le ravageur visé; c'est plutôt d'abaisser sa population à un niveau qui est moins dommageable », souligne Maryse Barrette.

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