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Des jambes robotisées au lieu de la marchette pour pallier la perte d'autonomie

Dans un avenir pas si lointain, il pourrait être possible de voir des personnes âgées marcher à l'aide d'un exosquelette mécanique! Des ingénieurs italiens viennent de mettre au point des jambières robotisées pour aider les aînés qui ont de la difficulté à se déplacer.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Le principe derrière cette idée vient d’être publié dans le journal Scientific Reports.

Les accidents comme les chutes sont responsables de plusieurs séjours à l’hôpital pour les personnes âgées. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, les chutes sont à l’origine de 9 % des visites à l’urgence chez les 65 ans et plus, et sont la principale cause de leurs hospitalisations.

Avec l’âge, la guérison de fractures devient plus difficile. Plus un patient passe de temps allongé pour se remettre d’une fracture, plus il lui sera difficile de reprendre ses activités normales après l’hospitalisation.

Pour un adulte en santé, on estime qu’il faut un mois de réadaptation pour chaque semaine d’immobilisation. Il en faudra davantage pour une personne âgée, ce qui multiplie les risques de nouveaux accidents.

Les robots en renfort

Pour tenter de pallier ce problème, des chercheurs se sont tournés vers les robots.

Il existe déjà beaucoup de robots capables de contrôler leur équilibre. Mais quand vient le temps de soutenir un humain au cours d’une chute, la technologie actuelle montrait ses limites. L'un des principaux écueils était que la personne et le robot pouvaient bouger de façon désordonnée.

Il fallait donc développer un robot capable d’agir en symbiose avec la personne qu’il va soutenir pour éviter ces mouvements opposés qui peuvent davantage nuire qu'aider. Pour réussir, l’équipe de scientifiques a créé un algorithme capable de comprendre l’intention de mouvement quand il y a un début de chute, et de réagir en temps réel pour maintenir l’équilibre.

L'exosquelette mis au point pèse à peine 5 kg. Il est composé de moteurs installés autour de la taille du patient et de tiges de fibre de carbone reliées à une attelle au niveau de la cuisse.

Il a été testé sur une dizaine de personnes lors d’expériences en laboratoire. Pour l'étude, les participants étaient soutenus par des harnais tout en marchant sur deux tapis roulants qui changeaient de vitesse de façon aléatoire afin de simuler une chute.

Lorsque les personnes étaient déstabilisées, l’appareil calculait leur trajectoire de chute. Dès qu’un certain seuil d’équilibre était dépassé, le robot leur donnait l’équivalent de 20 à 30 % de force supplémentaire dans les jambes pour les aider à se soutenir. Cette opération se faisait en à peine 350 millisecondes, un délai suffisant pour contrecarrer la chute.

Cet appareil peut donc aider les personnes à rester debout tout en n’empiétant pas sur leurs capacités naturelles à se déplacer.

Mais le robot doit encore être amélioré, car lors des tests, l’ordinateur n’était pas directement intégré aux jambes, ce qui s’avère un handicap à l'extérieur du laboratoire. Il faudra aussi lui ajouter d’autres moteurs pour couvrir tous les angles possibles de chutes.

Les chercheurs demeurent toutefois confiants que ce genre de technologie pourrait faire son apparition dans nos rues d’ici une dizaine d'années.

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