Une enzyme permettant aux microalgues de transformer certains de leurs acides gras en hydrocarbures, à l'aide d'énergie lumineuse, a été découverte par des chercheurs de l'Institut de biosciences et biotechnologies d'Aix-Marseille, en France.

Un texte d'Alain LabelleLa photoenzyme FAP (pour Fatty acid photodecarboxylase) est l’une des quatre enzymes utilisant la lumière identifiées jusqu’à maintenant dans le monde vivant.

Cette découverte revêt une importance particulière dans un contexte mondial de transition énergétique, affirment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Science.

Vers un carburant « bio » ?

Les hydrocarbures sont actuellement en grande partie tirés du pétrole, mais ces réserves fossiles s’épuisent progressivement dans le monde. En outre, l’extraction du pétrole est de plus en plus coûteuse, particulièrement sur le plan environnemental.

Or, une production d’hydrocarbures de source biologique utilisant comme source le dioxyde de carbone (CO2) permettrait de limiter le rejet massif dans l’atmosphère de carbone entreposé dans le sous-sol, comme c'est le cas avec l'utilisation du pétrole.

L’algue en question

Le chercheur Damien Sorigue et ses collègues ont découvert dans la chlorelle une enzyme qui lui permet de transformer certains de ses acides gras en hydrocarbures à l’aide de la seule énergie lumineuse. Cette microalgue verte unicellulaire d'eau douce est cultivée de façon industrielle.

Les chercheurs ont pu identifier l'enzyme-clé pour la synthèse d’hydrocarbures en la détectant grâce à son activité.

En fait, la FAP est nécessaire et suffisante pour synthétiser des hydrocarbures. Sa caractérisation a révélé qu’elle était capable de couper un acide gras pour former une molécule d’hydrocarbure et une molécule de CO2, une activité nécessitant le recours à la lumière.

Selon ses découvreurs, la FAP est au moins dix fois plus rapide que la meilleure enzyme de synthèse d’hydrocarbures connue. De plus, elle utilise la lumière, ce qui pourrait en faire un outil biotechnologique très efficace pour la synthèse d’hydrocarbures, soit par conversion d’huiles in vitro, soit par conversion in vivo des acides gras membranaires de bactéries, levures ou microalgues.

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