Une innovation technologique créée par des chercheurs japonais pourrait permettre de pallier le déclin des abeilles. Il s'agit d'un minidrone équipé d'un gel spécial qui lui permet de polliniser des fleurs.

L’invention de ces pollinisateurs artificiels pourrait éventuellement répondre aux problèmes résultant du déclin des populations d'abeilles, essentielles pour féconder les récoltes, mais menacées par la pollution et les pesticides.

La chercheuse Svetlana Chechetka de l'Institut national japonais de science industrielle avancée de recherches technologiques sur les nanomatériaux (AIST) explique que le petit robot pollinisateur est télécommandé et muni de quatre hélices.

Il est recouvert de 3 millions de poils de cheval enduits d'un gel ionique, c'est-à-dire électriquement chargé, qui capture le pollen sur une fleur avant d'aller le déposer sur les pistils d'une autre.

Les robots volants peuvent fonctionner 150 minutes grâce à une pile rechargeable.

Ces travaux ont été menés notamment par le chimiste Eijiro Miyako, qui a mis au point le gel par hasard il y a 10 ans.

Un effet caméléon

Dans des expériences séparées avec des fourmis et des mouches, le gel a montré des effets de camouflage, car il change de couleur selon les différentes sources lumineuses.

Cette caractéristique pourrait permettre de protéger les drones pollinisateurs contre des prédateurs qui essaieraient de les détruire en les prenant pour des insectes.

La propagation robotisée du pollen, dont la taille varie de 10 à 100 microns avec de multiples formes, représente un potentiel de remplacer de la pollinisation manuelle, répétitive et coûteuse, qui est pratiquée encore de nos jours pour certaines cultures.

Les agriculteurs qui veulent créer des espèces hybrides ou éviter une pollinisation sauvage n'ont en effet pas d'autre choix que de polliniser leurs cultures à la main en utilisant des pinceaux, expliquent ces chercheurs.

Par exemple, une pollinisation manuelle des vastes étendues de pommiers aux États-Unis coûterait environ 880 millions de dollars.

Nous sommes convaincus que ces pollinisateurs robotiques pourront être programmés pour suivre les trajets de pollinisation en utilisant le GPS et l'intelligence artificielle.

Eijiro Miyako

Le recours à une pollinisation avec des insectes-robots représente ainsi une option intéressante, particulièrement face à la diminution rapide du nombre d'abeilles dans le monde.

Les colonies d'abeilles sont décimées depuis quelques décennies par la maladie et des parasites ainsi que par les effets néfastes des pesticides.

Les récoltes de fruits et légumes pollinisées par les abeilles représentent plus de 15 milliards de dollars chaque année aux États-Unis.

Un premier pas

Ces travaux sont encore loin d'être mis en application dans les cultures, mais les chercheurs estiment qu’ils représentent un premier pas pour se préparer à un avenir où les abeilles seront plus rares.

Cette création est décrite dans la revue Chem.

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