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Des moustiques génétiquement modifiés pour combattre le Zika

L'Agence américaine des aliments et des médicaments (FDA) vient de donner son aval à un test destiné à vérifier l'efficacité de moustiques transgéniques pour combattre le Zika, un virus qui fait des ravages depuis plusieurs mois dans les pays d'Amérique latine et qui a fait son apparition aux États-Unis.

Ce test sera réalisé dans les Keys, en Floride, par la compagnie britannique de biotechnologies Oxitec, rachetée l'an dernier par sa rivale américaine Intrexon. S'il est concluant, il pourrait permettre de diminuer la population de moustiques Aedes aegypti, une espèce dont la piqûre peut potentiellement transmettre le Zika, mais aussi la dengue, la fièvre jaune et le chikungunya.

Selon le communiqué publié vendredi par la FDA, ce test n'aura pas d'effets importants sur l'environnement.

Cette annonce survient au moment où les autorités de la Floride connaissent leurs premiers cas de transmission locale du virus Zika; 16 personnes ont été infectées jusqu'à maintenant dans la seule ville de Miami.

Dimanche, le gouverneur de l'État, Rick Scott, a assuré sur les ondes de NBC que le quartier de Miami où ces personnes ont été contaminées était circonscrit. Il a toutefois renouvelé son appel à l'aide aux autorités fédérales, à qui il demande la livraison urgente de 10 000 trousses de prévention (moustiquaires, produits antimoustiques, etc.).

Le quartier touché est celui de Wynwood, un secteur populaire auprès des jeunes et des touristes. Il s'étend sur un peu moins de 2 kilomètres carrés, à proximité du centre-ville de Miami.

La date exacte à laquelle débutera le test n'a pas été révélée.

Le moment venu, des millions de moustiques transgéniques (OX513A) seront lâchés dans la nature, tous des mâles de l'espèce Aedes aegypti. Modifiés génétiquement, ces mâles ne piqueront pas, mais ils s'accoupleront avec les femelles. Celles-ci engendreront ensuite une progéniture qui, elle, ne pourra pas se reproduire.

Des tests quant à l'utilisation de moustiques génétiquement modifiés ont déjà été menés au Brésil, au Panama et aux îles Caïmans, a souligné Oxitec par voie de communiqué vendredi. Ces expériences auraient permis de diminuer la population locale de moustiques Aedes aegypti d'au moins 90 %, « un niveau de contrôle exceptionnel comparé à ceux des méthodes conventionnelles, comme les pesticides ».

En juin, un rapport des Académies américaines des sciences estimait que cette méthode était prometteuse. Ses auteurs affirmaient cependant qu'il était encore trop tôt pour lâcher ces moustiques transgéniques dans la nature.

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