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Des résultats au-delà des attentes pour une recherche sur des abeilles de la Côte-Nord

Au moment où la saison des petits fruits bat son plein, des bleuetières de la Côte-Nord profitent d'une recherche sur la pollinisation des abeilles. Après avoir passé un premier hiver à l'extérieur, des colonies d'abeilles étudiées par le Centre d'expérimentation et de développement en forêt Boréale (CEDFOB) ont donné des résultats surprenants.

Un texte de Laurence Royer

Jean-Claude Picard est un apiculteur de Sept-Îles. Il collabore à une recherche du CEDFOB qui est en train de développer des colonies d'abeilles adaptées à l'environnement de la Côte-Nord. Le but est de rendre autonomes les producteurs de petits fruits de la région grâce à la pollinisation.

« C'est de travailler sur la génétique des abeilles pour arriver à faire des reines qui vont produire des abeilles qui ont besoin le moins d'énergie. Moins d'énergie, moins besoin de fleurs, moins besoin d'être nourries », explique-t-il.

En plus de ses expérimentations sur la génétique et sur l’alimentation des abeilles, le CEDFOB et ses collaborateurs souhaitent déterminer la meilleure méthode d’hivernage des colonies. L'hiver dernier, 27 ruches expérimentales de Jean-Claude Picard ont passé la saison à l'extérieur.

À la tête de cette recherche, Ève-Catherine Desjardins avait des doutes quant à la réussite de la recherche.

En plus de devoir survivre à l’hiver, les ruches devaient se réveiller au printemps avec un nombre assez important d’abeilles pour être efficaces lors de la pollinisation des petits fruits.

Les résultats ont étonné tout le monde. Selon Jean-Claude Picard, alors que les ruches de la province ont essuyé des pertes allant jusqu’à 50 % au printemps, ses abeilles, elles, ont eu un taux de survie de 100 %.

Les résultats obtenus au printemps se font ressentir dans les bleuetières. « On a vu que les abeilles étaient très efficaces en bleuetière […]. On n'a pas encore évalué les rendements, parce que la production de bleuets va être récoltée un peu plus tard », explique Ève-Catherine Desjardins.

Ève-Catherine Desjardins répétera l'expérience à l'hiver afin de confirmer les résultats obtenus cette année. Selon elle, la grande quantité de neige reçue au cours de l'hiver a aidé à isoler les ruches.

Mais déjà, la chercheuse et son collaborateur voient grand. L’abeille domestique de la Côte-Nord jouit d’un important avantage.« C’est le fait qu’il n’y ait pas beaucoup d’agriculture, donc on est dans un environnement relativement sain. Un milieu forestier où on ne vient pas épandre de pesticides qui affectent beaucoup l’abeille », indique Ève-Catherine Desjardins.

Les abeilles domestiquées sur la Côte-Nord semblent avoir moins de maladies, selon la chercheuse. Pour cette raison, la chercheuse veut mener un projet à long terme qui consisterait à produire des reines plus efficaces et en meilleure santé afin de les exporter ailleurs dans la province.

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