Retour

Des roches du Labrador contiennent des traces de vie de 3,95 milliards d'années, selon une étude

Des roches du Labrador contiendraient des traces chimiques d'une forme rudimentaire de vie datant d'il y a plus de 3,95 milliards d'années, alors que la Terre subissait encore d'intenses bombardements de comètes et d'astéroïdes.

Un texte d'Alain LabelleSi les conclusions de ces travaux réalisés par les Japonais Tsuyoshi Komiya et Yuji Sano de l’Université de Tokyo se confirment, ces traces seraient du nombre des plus anciennes preuves de la vie sur Terre.

En mars dernier, le géochimiste Dominic Papineau, du Collège universitaire de Londres, et des collègues canadiens rapportaient la découverte de structures présentes dans des roches de Nuvvuagittuq, situé sur la côte est de la baie d'Hudson au Québec, laissant à penser qu'il s'agit de micro-organismes fossilisés qui dateraient d'au moins 3,8 milliards d'années.

La Terre s’est formée il y a 4,56 milliards d'années. Selon certains scientifiques, plusieurs types de micro-organismes ont pu la peupler très tôt dans son évolution.

Dans les présents travaux publiés dans le magazine Nature, les chercheurs ont analysé des échantillons de roche qu’ils ont ramassés entre 2011 et 2013 dans la région de Saglek Block.

Les chercheurs ont analysé la composition isotopique de grains de graphite (carbone) pour savoir s'il était d'origine organique ou non.

Les isotopes sont des atomes qui possèdent le même nombre de protons, mais qui diffèrent par leur nombre de neutrons.

Le carbone possède plusieurs isotopes naturels (dont le fameux carbone 14, utilisé pour les datations, mais que l'on ne trouve pas dans les roches anciennes).

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés au rapport du carbone 13 (6 protons, 7 neutrons) et du carbone 12 (6 protons, 6 neutrons), deux isotopes stables.

Leurs résultats montrent que les grains de graphite étaient nettement enrichis en carbone 12.

Les chercheurs japonais en déduisent que « la signature » de ce graphite est biogène, c'est-à-dire qu'il provient d'organismes vivants.

Des résultats controversés

Le géochimiste Sylvain Bernard, du Muséum national d'histoire naturelle de France, se montre très prudent sur ces conclusions.

Selon M. Bernard, les arguments avancés par l’équipe nippone sont loin d'être suffisants pour déterminer de façon claire la biogénécité de ces graphites. « Ils utilisent des arguments qui sont peut-être nécessaires, mais ne sont pas suffisants », explique Sylvain Bernard.

En septembre 2016, une équipe australienne de chercheurs avait annoncé la découverte au Groenland des stromatolites (des structures calcaires formées par des colonies microbiennes) vieux de 3,7 milliards d'années.

Plus d'articles

Commentaires