L'entreprise Uber teste des véhicules autonomes à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Des passagers sont ainsi transportés, en milieu urbain, dans des voitures où personne ne touche... au volant.

Avec leurs toits coiffés de caméras, de radars et de capteurs en tout genre, les voitures autonomes font désormais partie du paysage à Pittsburgh. Et depuis la mi-septembre, elles transportent des passagers. Amber Malloy fait partie des chanceux qui ont pu monter à bord.

C’était comme un parcours Uber normal, sauf pour tous les gadgets autour! C’était aussi relax que si un humain conduisait.

Amber Malloy, cliente d'Uber

Même si la voiture est autonome, un humain est assis derrière le volant, prêt à prendre les commandes au besoin. Les voitures sont programmées pour suivre à la lettre le Code de la route. À un point tel qu’elles ralentissent parfois la circulation. Aux intersections, elles démarrent souvent moins rapidement qu’un humain.

Ce n’est pas par hasard si Uber a choisi Pittsburgh comme banc d’essai. Pittsburgh, c’est une ville de collines, sillonnée de petites rues, de sens uniques et où la neige se met parfois de la partie. Une configuration idéale pour tester le fonctionnement d’un véhicule autonome en milieu urbain. D'autant que le maire, Bill Peduto, a accueilli Uber à bras ouverts.

Pittsburgh, une ville qui innove

Ce n’est pas d’hier que Pittsburgh innove. Et aujourd’hui, le secteur des nouvelles technologies permet à la ville de renaître de ses cendres depuis le déclin de l’industrie de l’acier.

Déjà dans les années 80, les chercheurs de la réputée Université Carnegie Mellon ont été parmi les premiers à développer des véhicules autonomes. En 2007, avec leur Chevrolet Tahoe modifié, ils ont remporté le premier défi de conduite autonome en milieu urbain de la DARPA, l’agence de recherche du département de la Défense aux États-Unis, assorti d’un grand prix de 2 millions de dollars. Les technologies alors développées ont permis la conception de véhicules autonomes désormais utilisés dans les mines et en agriculture.

Aujourd’hui directeur de l’Institut de robotique de l’Université Carnegie Melon, Martial Hébert a participé au développement de plusieurs véhicules autonomes, dont celui primé en 2007 par la DARPA. Sa spécialité : les systèmes de vision et les capteurs.

Tout dépend des données du capteur. Or, il est certain que les données du capteur seront parfois corrompues, à cause de la météo ou d’un simple insecte sur une lentille. L’essentiel, c’est d’identifier ces conditions.

Martial Hébert, directeur de l’Institut de robotique de l’Université Carnegie Melon

Tout comme les robots, les voitures autonomes doivent adapter leur comportement en fonction des données transmises par les capteurs. « Pour une voiture autonome, ce n'est pas évident de détecter que les données d’un capteur sont erronées, qu'un insecte obstrue une lentille! », souligne Martial Hébert.

Encore bien des défis à relever

D’emblée, un conducteur en chair et en os saura que la météo réduit sa visibilité. Il adaptera sa conduite en conséquence. La voiture autonome doit apprendre à détecter ces conditions. Et ce n’est là qu’un des nombreux défis que les concepteurs de ces véhicules ont à relever.

Et c’est sans parler des enjeux éthiques et légaux. Qui protéger en cas d’accident : les passagers ou les piétons? Qui assumera la responsabilité en cas d’accident : le propriétaire du véhicule, le constructeur, le concepteur du logiciel?