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Deux Matanais honorés pour avoir sauvé la vie d’un enfant

La Ville de Matane a rendu hommage, mardi, à deux membres du personnel de la Commission scolaire des Monts-et-Marées qui ont sauvé la vie d'un jeune garçon en novembre dernier.

Un texte de Joane BérubéIl s’en est fallu de peu pour que le pire arrive à Olivier, rapportait, devant l'assistance mardi, le père encore ému de constater que son fils est bien portant.

Personne dans la classe et la famille d’Olivier n’oubliera cette histoire de sitôt

Exceptionnellement ce matin-là, l’enfant est parti avec une bouteille d’eau en plastique en raison de travaux d’aqueduc dans le secteur de l’école.

Lorsque le jeune tape dans le dos de l’enseignante Guylaine Fortin pour signaler que ça ne va pas, cette dernière croit qu’il s’est étouffé avec une gorgée d’eau.

Formée en secourisme, elle applique aussitôt les manœuvres pour désobstruer les voies respiratoires, mais sans succès. La respiration du jeune est bloquée. Le technicien en éducation spécialisé Jérôme Proulx-Thériault est au fond de la classe. Guylaine Fortin crie à l’aide.

Rapidement, il comprend la situation, recommence les manœuvres. Vingt, vingt-cinq longues secondes passent. Le bouchon de plastique sort. Olivier recommence à respirer.

Pendant que Jérôme Proulx-Thériault poursuit les efforts, Guylaine Fortin compose le 911. Dans la nervosité, elle se trompe, tombe sur la secrétaire de l’école qui se charge d’appeler et d’accueillir les services d’urgence.

Jérôme Proulx-Thériault partira à l’hôpital avec Olivier où les parents de l’enfant le rejoindront.

Comme un film

Tout s’est déroulé très vite. « Un vrai travail d’équipe avec l’enseignante et la secrétaire, ç’a été numéro un », souligne Jérôme Proulx-Thériault.

Les enfants de la classe ont été d’un calme remarquable, note l’enseignante. « Ce fut un relais parfait », commente après coup Guylaine Fortin.

Dans la journée, les enfants et l’enseignante ont pu revoir la séquence des événements avec la psychologue de l’école.

Guylaine Fortin avoue toutefois que cela lui a pris un certain temps avant de comprendre tout ce qui s’était passé.

Tant Guylaine Fortin que Jérôme Proulx-Thériault disent avoir été un moment sous le choc. « Juste le fait d’avoir eu la confirmation par les médecins qu’Olivier était en sécurité, que sa vie n’était plus en danger, ç’a été réconfortant, ç’a été rassurant. C’est ce qui m’a permis de prendre la situation avec du recul », relate Jérôme Proulx-Thériault.

Une formation essentielle

Tous deux sont extrêmement fiers d’avoir suivi la formation de secourisme et d’avoir su poser les gestes adéquats au bon moment. « Ça permet d’avoir l’énergie pour agir et de ne pas figer quand ça se déroule », ajoute M. Proulx-Thériault.

Le stress est par contre demeuré présent. « Tu es pressé, tu as hâte de régler la situation. En même temps, c’est un enfant, tu ne veux pas le blesser non plus, tu as peur qu’il ait des séquelles après. »

Le jeune homme considère que la formation n’est pas utile qu’en milieu de travail, mais aussi à domicile, avec les amis, la famille.

À l’école, la leçon de secourisme impromptue et involontaire a fait des petits.

Les jeunes de la classe d’Olivier ont suivi durant l’année une formation de secourisme adaptée pour eux.

La Ville de Matane a remis à Jérôme Proulx-Thériault et Guylaine Fortin une médaille gravée de ses armoiries.

La Ville souhaiterait que cette cérémonie d’hommage aux gens qui s’illustrent pour leur courage et leur bravoure puisse devenir une tradition annuelle.

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