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Différents types de poumons, dont certains associés aux maladies pulmonaires

L'anatomie interne des poumons diffère d'une personne à une autre, et certaines de ces variations sont associées à un risque plus élevé de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), ont découvert des chercheurs américains et canadiens.

Un texte d'Alain LabelleCes différences sont facilement détectables par un examen d’imagerie. Elles peuvent être observées dans les grandes voies aériennes des lobes inférieurs des poumons.

Selon les chercheurs de l’Université Columbia et de l’Université McGill qui ont réalisé les travaux, les personnes qui présentent certaines de ces variations structurales sont plus enclines à nécessiter des traitements personnalisés au cours de leur vie.

La MPOC est une maladie pulmonaire évolutive habituellement associée au tabagisme. Quatrième cause de mortalité à l’échelle mondiale, cette maladie associée au tabagisme endommage lentement les voies aériennes (les tubes qui font entrer et sortir l’air des poumons) et mène à la bronchite et à l’emphysème.

La bronchite chronique fait gonfler les voies aériennes et les remplit de mucus, ce qui empêche d’expulser l’air des poumons.

L’emphysème endommage les sacs d’air (alvéoles) des poumons, ce qui empêche l’alimentation du corps en oxygène.

Confirmer une observation

L’auteur principal de l’étude, le professeur adjoint au département de médecine de l’Université McGill Benjamin Smith, avait constaté que des variations des grandes voies aériennes des poumons avaient été précédemment signalées au cours d’autopsies.

Il a voulu vérifier la fréquence de ces variations dans la population générale, mais aussi leur lien possible avec la MPOC.

Pour ce faire, il a révisé avec ses collègues pas moins de 3000 tomodensitogrammes de patients obtenus dans le cadre de l’étude MESA (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis) axée sur la fonction pulmonaire.

L’arbre respiratoire en question

Ce que les chercheurs ont découvert est bien surprenant : environ 16 % des gens présentent une section de voies aériennes excédentaire dans les poumons, et 6 % ont une section manquante, alors que 4 % affichent une combinaison de variantes ou une configuration différente.

Une autre observation intéressante : l’une de ces variations est associée à la MPOC chez les fumeurs et les non-fumeurs, alors que l’autre, seulement chez les fumeurs

« Nous avons été très surpris d’observer autant de variations dans la partie supérieure des voies aériennes des poumons », explique le médecin et chercheur R. Graham Barr, de l'Université Columbia.

Des risques plus élevés

Les personnes qui présentent une section de voies aériennes excédentaire, le risque de MPOC est 40 % plus élevé que chez celles dont l’anatomie des poumons est normale.

Les personnes dont une section de voies aériennes est manquante risquent presque deux fois plus d’être atteintes de MPOC que les autres, mais seulement en cas d’antécédents de tabagisme.

Ces conclusions ont été vérifiées dans le cadre d’une seconde étude menée chez près de 3000 patients atteints ou non de MPOC.

D’autres travaux permettront de confirmer si des interventions préventives ou thérapeutiques fondées sur la présence de telles variations de l’arbre respiratoire pourraient améliorer l’issue du traitement.

L’abandon du tabac, meilleur allié

Par ailleurs, cette recherche a également permis de déceler une variation des voies aériennes fréquente parmi les membres d’une même famille et qui est associée à un risque accru de MPOC chez les non-fumeurs. Celle-ci pourrait être attribuable à un facteur génétique.

Les auteurs de cette étude publiée dans les annales de l’académie américaine des sciences (PNAS) rappellent que, peu importe les nouvelles découvertes, l’abandon du tabac demeure le meilleur remède à la MPOC.