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Diminuer le courant pour augmenter la puissance

Des chercheurs du département de physique de l'Université de l'Alberta ont résolu le mystère autour d'un phénomène communément appelé « la résistance négative ». Il s'agit d'une découverte qui pourrait valoir plusieurs milliards de dollars selon ces derniers.

Un texte de Camille Martel

Le chercheur postdoctorant Moe Rashadi a réussi cet exploit en perçant le mystère autour de la « résistance négative », un phénomène électrique étrange que des chercheurs analysent depuis 1958. Son équipe et lui ont réussi à l'obtenir sur demande, une première dans leur domaine.

Cette découverte permettrait de faire fonctionner tout aussi bien et même mieux les appareils électriques et électroniques tout en diminuant le courant électrique et de ce fait notre consommation d’énergie.

Tout est dans le silicone !

C’est en travaillant sur un autre projet que l’équipe de chercheurs dans un petit laboratoire situé au deuxième sous-sol de l'université a fait cette découverte.

Ils étudiaient le comportement d’atomes de silicone à l’aide d’un microscope électronique dans une machine qui semblait être tirée d’un film de science-fiction.

Ils ont alors observé de la résistance négative sur un atome de silicone et ont été en mesure de la contrôler grâce à la machine qui permet d’isoler un atome du reste de l’environnement.

De plus, la machine est complètement isolée du sol ce qui diminue les vibrations et donne une image nette des comportements atomiques.

Selon Moe Rashidi, tout ça est grâce au silicone.

« C’est plus compatible avec la technologie existante », déclare d’entrée de jeu Moe Rashidi.

Avec cette découverte, on peut rendre les appareils plus petits, moins coûteux et plus performants.

Moe Rashidi, chercheur postdoctoral

Du monde atomique au microscopique

La prochaine étape pour l’équipe de chercheurs est de « sortir du monde atomique », comme l’indique Moe Rashidi.

Pour le moment, ils ont seulement réussi à obtenir la résistance négative sur un seul atome. S’ils veulent être en mesure de mettre leur application sur le marché, ils ont besoin de l’observer à l’échelle microscopique.

Par exemple, en mettant au point une puce électronique. C’est pourquoi l’équipe travaille en ce moment avec une firme d’ingénieurs pour fabriquer ce produit.

Dans un an ou deux on devrait y arriver.

Moe Rashidi, chercheur postdoctoral

Selon le chercheur postdoctorant, il s’agit de la dernière étape, car une fois le procédé maîtrisé à l’échelle microscopique, la commercialisation sera une étape « simple ».

En route vers un brevet

Étant donné que l’équipe de chercheurs est actuellement en train de mettre au point une technologie qui pourrait avoir des retombées économiques importantes, ils ont fait une demande pour obtenir un brevet sur leur découverte.

Ça pourrait valoir des milliards de dollars.

Moe Rashidi, chercheur postdoctoral

Selon Moe Rashidi, les nouvelles générations d'ordinateurs pourraient toutes être munies de puces électroniques utilisant la résistance négative, tout comme les téléphones intelligents.

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