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Drogues et intimidation : une étude manitobaine pourrait contribuer à développer des stratégies de prévention

Une étude de l'Université du Manitoba menée auprès de plus de 64 000 élèves de la province a examiné le lien entre l'intimidation et la consommation de drogues. Selon les chercheuses, les résultats de cette étude laissent entendre que les enfants victimes d'intimidation sont plus susceptibles de consommer de la drogue, mais la nature de la relation demeure incertaine, soulignent-elles.

«  Nous pouvons seulement dire qu'il y a une association, mais je pense qu'il est important d'indiquer que ces associations sont réelles et que l'intimidation accroît la probabilité que d'autres choses se produisent  », a déclaré Tracie Afifi, professeure agrégée de science de la santé à l’Université du Manitoba.

Questionnaire varié

L'équipe de recherche a envoyé un sondage dans des milliers d'écoles de la province. Les questions portaient sur :

- six types de drogues : la marijuana, la cocaïne, la méthamphétamine, l'ecstasy, le LSD et les produits pharmaceutiques;

- neuf types d'intimidation liés aux expériences physiques, verbales et numériques.

Les participants ont également été interrogés sur les problèmes de santé mentale pour aider à comprendre divers facteurs liés à l'usage de drogues, a ajouté Sarah Turner, associée de recherche à l'équipe.

Jusqu'à 15 fois plus de chances de consommer de la drogue

L’étude a mesuré cette relation en matière de probabilité accrue d'utiliser des drogues illicites, expliqueTracie Afifi.

« Dans certains cas, les chances étaient assez élevées, comme 4 fois, 5 fois, 8 fois, 15 fois plus de chances [selon l'âge, le sexe, le type d'intimidation et le type de consommation de drogue] », ajoute la chercheuse.

Des hypothèses

La nature exacte de la relation n'est pas claire, souligne Sarah Turner. Le rapport lui-même met en garde contre l'hypothèse d'un lien de causalité.

« Notre étude n'a pas été en mesure de voir pourquoi il y avait un lien », a déclaré l'associée de recherche.

« L'une des raisons possibles est que l'intimidation est une expérience très difficile et donc l'utilisation de drogues pourrait être un mécanisme d'adaptation », fait-elle valoir.

Tracie Afifi explique qu'il est difficile d'étudier la causalité sur des questions comme l'intimidation.

Les résultats suggèrent que plus les gens étaient souvent victimes d'intimidation, plus ils étaient susceptibles de consommer de la drogue.

Dans certains cas, le lien entre l'intimidation et l'usage de drogues est plus fort chez les jeunes enfants et se manifeste différemment entre les garçons et les filles, selon la chercheuse.

Étude utile pour la prévention

Mme Afifi soutient que les résultats peuvent avoir des répercussions sur la prévention de l'intimidation dans la province.

Elle croit que la recherche est une « première étape » dans le développement de stratégies de prévention de l'intimidation fondées sur des preuves. D'autres recherches sur le sujet seront nécessaires pour faire avancer ces connaissances.

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