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Efficacité du vaccin contre la grippe : la production à partir d'oeufs critiquée

Devant l'efficacité limitée du vaccin contre la grippe l'an dernier, des chercheurs souhaitent utiliser un moyen de production différent, qui n'utilise pas d'oeufs. En 2016, seulement 20 % à 30 % des personnes immunisées ont été protégées du virus.

Selon une étude publiée lundi dans les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), la protection réduite du vaccin contre la grippe se justifie par une mutation de la souche virale H3N2 dominante en 2016.

Le vaccin de cette année est similaire à celui de l’an dernier, ce qui veut dire que la saison s’annonce « difficile si elle est de nouveau dominée par le virus H3N2 », mentionne Scott Hensley, principal auteur de ces travaux et professeur à la Faculté de médecine Perelman de l'Université de Pennsylvanie.

Malgré tout, l’expert recommande la vaccination.

M. Hensley précise que le vaccin de 2016 avait été bien « actualisé » pour y incorporer la nouvelle version de cette protéine mutante, mais sans grand succès.

La plupart des protéines virales de vaccins sont purifiées à partir de virus cultivés dans des oeufs de poule. Mais seulement une petite partie des vaccins est produite à partir de cultures cellulaires, plus rapides et plus souples.

Or, l’équipe de Scott Hensley a constaté que la protéine mutante du virus H3N2 ne se développe pas bien dans des cultures d’oeufs.

L’étude démontre que les anticorps développés par des furets et par des humains soumis aux vaccins produits à partir de ces cultures neutralisaient difficilement les virus H3N2 en circulation.

Toutefois, les experts notent que lorsque le vaccin a été produit à partir de cultures cellulaires, les anticorps à la nouvelle protéine mutante ont, eux, été efficaces.

« Nos expériences suggèrent que des antigènes du virus de la grippe cultivés dans des systèmes autres que des oeufs sont probablement plus aptes à déclencher une réaction immunitaire en produisant des anticorps neutralisant les virus H3N2 en circulation », explique Scott Hensley.

« Mais en attendant, tout le monde devrait se faire vacciner chaque année contre la grippe, car même une protection limitée contre les virus H3N2 vaut mieux que rien », insiste le chercheur.

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