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Enfant stressé, adulte plus enclin à la dépression

Le stress vécu dans les premières années de la vie crée une vulnérabilité à long terme inscrite dans une région du cerveau associée à la récompense et la dépression.

Un texte d'Alain LabelleCes travaux réalisés à l’École de médecine de l’hôpital Mont Sinaï de New York, aux États-Unis, ont permis d’observer l’effet du stress sur l’épigénétique. Ce domaine de recherche étudie les changements dans les molécules qui régulent quand, où et à quel degré notre matériel génétique s’active. Des effets qui peuvent évoluer tout au long de notre vie, et qui ne sont donc pas uniquement liés aux gènes hérités de nos parents.

En d’autres mots, les chercheurs se sont penchés sur l’effet d’un environnement stressant durant l’enfance qui modulera plus tard dans la vie l'expression du patrimoine génétique.

Cette régulation est influencée en partie par les facteurs de transcriptions, des protéines spécialisées qui se lient à des séquences d'ADN spécifiques de nos gènes. Ces facteurs encouragent ou inhibent l'expression de certains de ses gènes.

D’autres études menées sur des humains et des animaux laissaient à penser que le stress vécu tôt dans la vie augmentait le risque de dépression et d'autres syndromes psychiatriques. Le lien neurobiologique reliant les deux phénomènes restait toutefois difficile à établir.

L’équipe de Catherine Peña a ainsi découvert que la perturbation des soins maternels crée des changements dans les niveaux de centaines de gènes qui empêchent habituellement une région distincte du cerveau de créer un état dépressif, même avant de pouvoir détecter des changements de comportement.

En gros, cette région crée une vulnérabilité à vie à la dépression, qui n'est révélée qu'après l’apparition d’un stress supplémentaire.

Ainsi, les souris stressées durant la période à risque étaient plus susceptibles de présenter des symptômes liés à la dépression à l'âge adulte, mais seulement après l’apparition d’un autre épisode de stress.

Toutes les souris agissaient normalement avant la survenue d’un nouveau stress, qui mène les souris stressées dans la période vulnérable de l’enfance à présenter par la suite des comportements de type dépressif.

Cette démonstration réalisée chez la souris permettra peut-être, selon les chercheurs, de mieux comprendre le risque accru de dépression résultant du stress précoce de la vie chez l’humain.

L’objectif ultime est de créer des traitements pour les personnes ayant subi un stress et un traumatisme dans l’enfance.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Science.

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