Une gigantesque et violente tempête de poussière recouvre la presque la totalité de Mars et empêche la NASA d'entrer en contact avec le robot Opportunity, qui explore la région Meridiani Planum depuis janvier 2004. Les ingénieurs de la mission Mars Exploration Rover se demandent maintenant s'il passera à travers cette épreuve.

Plus du quart de la planète est déjà recouvert par la tempête. Dans les zones déjà frappées, il fait complètement noir, a confirmé la NASA. Selon l’agence spatiale, dans deux ou trois jours, toute la planète sera engloutie, et ce, pour potentiellement plusieurs semaines.

Les Américains possèdent trois satellites en orbite autour de Mars (Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Odyssey et MAVEN) ainsi que deux robots au sol.

Le plus vieux d'entre eux, Opportunity, est alimenté en énergie par des panneaux solaires. Son jumeau, Spirit, lancé au même moment en 2004, n’est plus en fonction depuis 2010.

L’autre, Curiosity, qui explore le cratère Gale depuis août 2012, est alimenté par un générateur électrique nucléaire remplaçant les panneaux solaires utilisés au cours des précédentes missions.

Lorsqu’il n’y a pas de soleil, Opportunity entre en phase de sommeil. C'est le cas depuis la semaine dernière, et il n'a plus donné de nouvelles depuis dimanche.

Le problème est que le robot ne peut rester endormi pour une longue période que si la température ne descend pas sous -55 degrés Celsius. Heureusement, les scientifiques ne s'attendent pas à ce qu'elle descende en dessous de -36 degrés Celsius, car l'été approche sur Mars.

Quand Opportunity reverra le soleil, il devrait pouvoir recharger ses piles.

Bien qu'elles soient vieilles de plus de 15 ans, « ce sont les meilleures piles du système solaire », a-t-il dit. Elles ont gardé une capacité de 85 %.

S'il se réveillait, Opportunity confirmerait son statut quasi invincible : la mission initiale du robot était en effet de 90 jours.

En Californie, au centre de contrôle du programme Opportunity, l'inquiétude était mêlée à la curiosité scientifique : de telles tempêtes planétaires sont en effet rares.

« Mars est surveillée en continu par des sondes, quotidiennement, depuis une vingtaine d'années, et une tempête globale n'y a été observée qu'une douzaine de fois », a dit Rich Zurek, le responsable scientifique du programme Mars.

Or, avant d'envoyer des humains sur la planète, il est essentiel d'améliorer les prévisions météorologiques. La NASA veut pouvoir anticiper des tempêtes de cette taille, dont on ne comprend pas bien l'origine.

« Nous voulons éviter une situation où une équipe travaillerait loin de sa base et serait surprise par ce genre de tempête, puis aurait du mal à rentrer », a expliqué Jim Watzin, directeur du programme d'exploration martienne à la NASA, à Washington.

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