L'analyse de données recueillies par la sonde Galileo de la NASA tend à confirmer que des jets d'eau s'échappent de la surface gelée d'Europe, l'une des 69 lunes connues de la planète Jupiter.

Un texte d'Alain Labelle

La sonde américaine est peut-être hors service depuis 2003, mais les astronomes continuent de décrypter les informations qu’elle a recueillies.

Ainsi, quinze ans après que la sonde de la NASA a brûlé dans l'atmosphère de Jupiter, les changements observés dans le champ magnétique et le plasma d’Europe permettent de renforcer la preuve que des geysers s’échappent de sa surface.

Galileo avait déjà permis d’établir qu’Europe possède un vaste océan souterrain contenant deux fois plus d'eau qu'il y en a sur la Terre. Il se trouve sous une couche de glace extrêmement froide et dure, dont l'épaisseur reste inconnue à ce jour.

Cette lune est d’ailleurs considérée comme l'un des objets les plus susceptibles d'abriter une vie extraterrestre dans notre système solaire.

Des données récoltées par le télescope spatial Hubble depuis 2012 laissaient déjà penser que de la vapeur d'eau s’échappait de cette lune. En fait, ces jets atteindraient 200 kilomètres de hauteur (environ deux fois plus haut que l'atmosphère de la Terre) et jaillissent par intermittence de la surface de la lune.

Deux missions vers Europe

Ces jets, si leur existence est confirmée, pourraient offrir un jour un moyen d'obtenir, grâce à l'envoi de robots, des échantillons d’eau se trouvant sous la glace pour les analyser sans devoir réaliser de forages dans les kilomètres de glace que représente la croûte.

La prochaine occasion d'observer ces jets interviendra en 2030, où la sonde européenne JUICE étudiera en continu l'atmosphère et la magnétosphère de Jupiter, ainsi que les interactions de ses lunes avec la géante gazeuse.

La NASA doit également lancer la sonde « Europa Clipper » dans les mêmes horizons.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature Astronomy (en anglais).

Une autre lune du système solaire, Encelade, en orbite de Saturne, possède des geysers à sa surface. Les analyses des données recueillies par la sonde Cassini montrent en effet que la vapeur et les particules observées contiennent jusqu'à 1,4 % d'hydrogène et 0,8  % de dioxyde de carbone.

Ces éléments sont essentiels à la méthanogénèse, une réaction chimique permettant à des microbes de vivre sur Terre dans des profondeurs océaniques que les rayons du soleil ne peuvent atteindre.

Plus d'articles