Les vestiges de la formation d'un groupe d'étoiles massives ont été observés par des astrophysiciens américains démontrant, par le fait même la violence et l'extrême instabilité de ce processus. Explications.

Un texte d'Alain LabelleHabituellement, les explosions d’étoiles sont associées à des supernovae, qui correspondent à la fin particulièrement spectaculaire de l’évolution stellaire.

Or, un aperçu des processus explosifs se produisant à l’autre extrémité du cycle de vie des étoiles a été observé au moment de leur naissance par une équipe d’astronomes menée par John Bally de l’Université du Colorado qui a utilisé le Vaste Réseau (sub-)millimétrique de l’Atacama (ALMA) au Chili.

À quelque 1350 années-lumière de la Terre, au sein de la constellation d’Orion, siège un centre de formation stellaire particulièrement dense et actif : le Nuage moléculaire d’Orion 1 (OMC-1). Celui-ci fait partie intégrante du même complexe que la nébuleuse d’Orion.

Les scientifiques ont sondé OMC-1 et y ont découvert les débris éjectés lors de la naissance explosive de cet amas d’étoiles massives, semblables aux vestiges de feux d’artifice cosmiques constitués d’énormes jets de matière omnidirectionnels.

La naissance des étoiles

Les étoiles naissent de l’effondrement gravitationnel d’un nuage de gaz des centaines de fois plus massif que notre Soleil.

Dans les régions les plus denses, les protoétoiles s’enflamment puis dérivent aveuglément.

Au fil du temps, certaines étoiles migrent en direction d’un même centre de gravité, bien souvent une protoétoile particulièrement massive.

Si leurs trajectoires se croisent avant qu’elles ne s’échappent de leur cocon stellaire, de violentes interactions peuvent survenir.

Ainsi, quelque 100 000 ans avant notre ère, plusieurs protoétoiles sont nées dans les profondeurs d’OMC-1. Sous l’effet de la gravité, elles se sont progressivement rapprochées les unes des autres, à des vitesses toujours plus élevées.

Il y a 500 ans, deux d’entre elles se sont finalement heurtées.

L’événement a généré une puissante éruption qui a propulsé d’autres protoétoiles situées à proximité et expulsé de colossaux jets de gaz et de poussière dans l’espace interstellaire à plus de 150 kilomètres par seconde.

Cette interaction cataclysmique a libéré autant d’énergie que notre Soleil en émet durant 10 millions d’années.

La nature explosive des débris qui parsèment OMC-1 fut pour la première fois soupçonnée en 2009, après que des observations eurent été effectuées au moyen du Réseau submillimétrique d’Hawaï.

Le Pr Bally et son équipe ont également observé cet objet dans le proche infrarouge. Sur ces clichés figure la remarquable structure des jets de matière, qui s’étendent sur près d’une année-lumière.

Les nouvelles images acquises par ALMA témoignent de cette nature explosive en haute résolution, révélant de précieuses informations relatives à la distribution ainsi qu’au déplacement, à vitesse soutenue, du gaz de monoxyde de carbone (CO) à l’intérieur des jets.

Ces nouvelles connaissances permettront aux astronomes de mieux comprendre l’origine de la puissance de l’explosion, ainsi que l’impact de tels événements sur la formation stellaire au sein de la galaxie.

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