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Gros plan sur la grande tache rouge de Jupiter

Les premières photos de la grande tache rouge de Jupiter, prises lors du dernier survol de sa couche nuageuse par la sonde Juno, ont été publiées par la NASA.

Un texte d'Alain Labelle

Le 10 juillet dernier, la sonde américaine est passée à environ 9000 km au-dessus de la gigantesque tempête de Jupiter. Ses instruments ont pu ainsi collecter photos et données, qui ont été transmises à la Terre pour être analysées dans les prochains mois.

Les données recueillies lors de ce sixième survol de la couche nuageuse permettront de déterminer la profondeur de cet anticyclone. Elles aideront aussi à comprendre la dynamique de cette tempête géante plus grande que la Terre.

Les astronomes suivent l’énorme tempête de 16 000 kilomètres de diamètre depuis les années 1930. Elle serait active depuis au moins 350 ans, et les dernières analyses montrent qu’elle aurait tendance à rétrécir.

Juno a été placée en orbite autour de la géante gazeuse le 5 juillet 2016, après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres depuis son lancement du cap Canaveral en Floride, le 5 août 2011.

Cette sonde de 1,1 milliard de dollars pèse 3,6 tonnes et est aussi longue qu'un terrain de tennis. Elle s'est mise en orbite autour de Jupiter le 4  juillet 2016 pour rester au total une vingtaine de mois autour de la plus grande planète du système solaire, dont elle doit effectuer 37 survols.

Les survols sont beaucoup plus proches que le précédent record de 43 000 kilomètres établi par la sonde américaine Pioneer 11 en 1974.

Le prochain rendez-vous de Juno est prévu pour le 1er septembre.

Un monde gigantesque et turbulent

Depuis son entrée en fonction, la sonde a détecté de gigantesques ouragans sur les pôles de Jupiter et a effectué des observations inédites de l'atmosphère et de l'intérieur de la planète gazeuse.

Les neuf instruments embarqués sur la sonde ont aussi détecté :

  • des masses brillantes de formes ovales à ses pôles, qui sont en fait de colossaux ouragans dont certains peuvent atteindre un diamètre de 1400 kilomètres;
  • un champ magnétique environ 10 fois plus puissant que celui de la Terre, beaucoup plus intense que ce que prévoyaient les modèles mathématiques;
  • des aurores boréales qui se comportent de manière totalement différente de celles que l’on observe sur Terre. Elles sont en effet alimentées par les électrons qui sont aspirés dans la région polaire, ce qui tend à montrer que la planète alimente ses aurores en lumière;
  • des panaches d’ammoniaque qui se forment à partir de la zone équatoriale, créant des systèmes météorologiques géants ressemblant à une version à grande échelle des courants d’air qui s’élèvent de l’équateur terrestre et génèrent les alizés;
  • des sons étranges dans l’énorme magnétosphère de la planète, qui se contracte et se développe selon les mouvements du vent solaire.

Pour l’heure, les informations recueillies ne permettent pas de déterminer si Jupiter possède un noyau solide, comme certains modèles le prédisent. Peut-être qu’il existe en son centre un petit noyau solide, mais sa composition reste inconnue.

La formation de Jupiter a affecté le développement et la position de toutes les autres planètes de notre système solaire. Selon les théories, l'immense champ gravitationnel de Jupiter aurait protégé la Terre du bombardement de comètes et d'astéroïde.

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