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Il est « très probable » que les homards souffrent lorsqu’ils sont bouillis vivants

Une nouvelle loi suisse interdisant de plonger des homards vivants dans l'eau bouillante pour les faire cuire a fait sourire dans les Maritimes, mais un chercheur estime que cette décision n'est pas basée sur une opinion farfelue.

Il est « très probable » que les homards souffrent lorsqu’ils sont bouillis vivants. C’est la conclusion à laquelle est arrivé, après plus d’une décennie de recherches, Robert Elwood, professeur émérite en comportement animal à l’Université Queen's de Belfast, en Irlande du Nord.

« Quand j’ai commencé à étudier la question, je croyais cette conclusion très improbable », avoue-t-il.

Dans le cadre de ses travaux, le professeur Elwood a réalisé une série d’expériences visant à déterminer si les crustacés ressentaient de la douleur, ou ne faisaient que réagir par réflexe à certaines actions.

Par exemple, lorsqu’un acide léger a été placé sur l’antenne d’une crevette, celle-ci frottait cette zone pendant une longue période de temps, explique M. Elwood.

Une autre expérience plaçait des crabes devant un choix : entrer dans un abri où ils recevaient une décharge électrique, ou dans un autre où il n’en recevaient pas. C’est ce dernier abri que les crabes choisissaient.

« Ils démontraient tous les signes associés à de la douleur », explique M. Elwood. « Il ne s’agissait pas de réflexes ».

Un sujet qui divise les scientifiques

Parce que les crustacés ne possèdent pas dans leur cerveau une zone semblable à celle de l’humain pour traiter la douleur, certains chercheurs croient que ces animaux ne souffrent pas.

« Cet argument ne fait pas de sens », dit M. Elwood. « Des animaux différents ont des systèmes nerveux très différents », explique-t-il. « Vous ne pouvez pas rejeter la notion de douleur simplement parce que les cerveaux sont différents. »

Le professeur Elwood a présenté les résultats de ses recherches lors de conférences, et dit que les réactions ont été partagées.

« C’est un sujet qui divise vraiment les gens, mais ce que je dis, c’est que nous devons considérer les preuves. »

Robert Elwood précise qu’il ne décourage pas les gens de manger du homard. Il recommande par contre de tuer les crustacés de manière humaine avant leur transformation, afin de prévenir une possible souffrance.

« C’est une chose facile à faire, il me semble », dit-il. « Les êtres humains ont la responsabilité de ne pas causer de souffrance inutile aux autres organismes. »