En 1846, le Français Urbain Le Verrier devenait l'astronome le plus célèbre du XIXe siècle grâce à sa découverte de la huitième planète de notre système solaire : Neptune. Une découverte remarquable également par sa méthode. Explication.

Un texte d'Alain Labelle

Dans le cas de Neptune, c'était la première fois qu'un objet céleste était découvert grâce au calcul mathématique avant de l'être par l'observation.

Au début du XIXe siècle, un astronome de l'Observatoire de Paris, Alexis Bouvard, chargé de calculer les éphémérides d'Uranus, constata qu'il était impossible de représenter correctement par le calcul le mouvement de cette planète. Il réalisa que ce mouvement pouvait être perturbé par l'attraction d'une autre planète inconnue.

Plusieurs astronomes s'employèrent à essayer de vérifier cette hypothèse et de trouver cette nouvelle planète. François Arago, qui était responsable de l'Observatoire, demanda à son assistant, l'astronome Urbain Le Verrier (1811-1877) de s'en occuper.

Le Verrier résolut le problème en 1846 grâce à de lourds calculs, et prédit la position de la nouvelle planète, qui fut trouvée presque immédiatement par Johann Gottfried Galle, de l'Observatoire de Berlin.

Paternité contestée

Longtemps objet de débats quant à sa paternité, la découverte est aujourd'hui attribuée à l'astronome Le Verrier. Ses résultats sur la position ont été publiés à la fin d'août 1846 après deux ans de calculs.

L'astronome allemand Johann Gottfried Galle l'a observée presque au même moment, dans la nuit du 23 au 24 septembre 1846. La planète se trouvait à moins de 1 degré de la position théorique déterminée par Le Verrier.

On sait maintenant que Neptune avait déjà été observée par plusieurs astronomes parmi lesquels Galilée et John Herschel. Toutefois, ces derniers n'avaient pas détecté sa nature planétaire.

La paternité de la découverte a également suscité une controverse entre la France et l'Angleterre, où John Couch Adams avait effectué des calculs antérieurs à Le Verrier sur la nature d'un « corps perturbateur » de l'orbite d'Uranus.

Baptisée dans la controverse

À la suite de sa découverte, l'objet céleste fut appelé simplement la planète extérieure à Uranus ou la planète Le Verrier.

Le Verrier a rapidement proposé le nom de Neptune, tout en déclarant faussement que cela avait été officiellement approuvé par le Bureau des longitudes de France qui gère encore aujourd'hui les données astronomiques. Il a ensuite cherché à nommer la planète Le Verrier, une suggestion qui s'est heurtée à une vive résistance hors de France.

Neptune est finalement devenu le nom accepté internationalement. Dans la mythologie romaine, Neptune est le dieu de la mer. Un nom mythologique concordait avec la nomenclature des autres planètes, qui toutes, à l'exception de la Terre, doivent leur nom à la mythologie grecque et romaine.

Neptune 101

Neptune, la dernière du système, est située à 4490 millions de km du Soleil. Elle reçoit 900 fois moins de lumière que la Terre.

Avec son diamètre de 49 000 km, Neptune est la plus petite des planètes géantes gazeuses. Elle couvre son orbite presque parfaitement circulaire en un peu moins de 165 ans, et tourne sur elle-même en un peu plus de 16 h.

Comme Uranus, elle possède très probablement un noyau solide de silicates et de fer d'à peu près la masse de la Terre.

Son atmosphère, épaisse de plus de 8000 km, est composée principalement de dihydrogène pour 85 %, d'hélium pour 13 %, et de méthane pour 2 %.

La couleur bleue de Neptune provient principalement du méthane qui absorbe la lumière dans les longueurs d'onde du rouge. Cependant, un autre composé donne aux nuages de Neptune leur couleur bleue caractéristique, mais il n'a pas encore été identifié.

Les vents de Neptune sont les plus rapides du système solaire et atteignent 2000 km/h.

La planète possède un système d'anneaux très fins et peu visibles. Leur composition reste inconnue.

Elle possède au moins 13 satellites naturels, dont le plus important est Triton. Ce dernier, composé de glace et de roche, serait l'objet le plus froid du système, avec des températures de surface de -236 degrés Celsius.

Comme Jupiter, Neptune présente une énorme tempête semi-permanente à sa surface : la grande tache sombre.

Elle n'a été visitée que par une sonde, Voyager 2, en 1989.

En septembre 2007, des observations menées à partir du télescope de l'Observatoire européen austral situé au Chili permettent de constater que le pôle Sud de Neptune est beaucoup plus chaud que le reste de l'astre.

Cette caractéristique particulière de la dernière planète du système solaire permettrait au méthane de s'échapper de cette atmosphère dense.

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