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Journée internationale de l'alzheimer : où en sommes-nous?

Le nombre de nouveaux cas d'alzheimer est en baisse dans les pays riches depuis dix ans, mais en raison de l'allongement de l'espérance de vie, le nombre total de cas continue d'augmenter. État de la situation à l'occasion de la Journée internationale de l'alzheimer.

Un texte d'Alain Labelle

Cette baisse de l'incidence (taux de nouveaux cas) de la maladie d'Alzheimer et des démences apparentées chez les plus de 65 ans est « une tendance lourde », affirme le Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste à l'Institut Pasteur.

Cette baisse serait attribuable à deux facteurs :

  • Un niveau d'études plus élevé. L'éducation protège contre la maladie. Plus une personne stimule ses neurones, plus elle se constitue des capacités de réserve au niveau cérébral, qui vont l'aider à mieux lutter contre la maladie.
  • Une meilleure prise en charge du risque cardiovasculaire, y compris l'hypertension et l'excès de cholestérol.

Au Canada, entre 564 000 et 745 000 personnes sont atteintes de la maladie. Les projections montrent qu'elles seront plus de 900 000 à souffrir de la maladie dans 15 ans. Le risque d'en être atteint augmente avec l'âge et les femmes sont plus susceptibles d'en présenter les symptômes.

Sur la planète, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 47,5 millions de personnes sont atteintes de démence dans le monde. Pas moins de 7,7 millions de nouveaux cas sont recensés chaque année, soit un nouveau cas toutes les quatre secondes.

Comprendre l'alzheimer

L'alzheimer est une maladie cérébrale évolutive et dégénérative qui détruit les cellules nerveuses vitales du cerveau et qui s'aggrave avec le temps. Elle conduit à une détérioration de la mémoire et d'autres aptitudes intellectuelles et, progressivement, à la perte de l'autonomie.

La maladie se caractérise par deux types de lésions :

  • les plaques amyloïdes. Elles sont des amas fibreux de 30 à 100 micromètres de diamètre qui s'accumulent à l'extérieur des neurones, entre ceux-ci. Leur centre est constitué d'un dépôt de peptides bêta-amyloïdes.
  • les dégénérescences neurofibrillaires. Elles se trouvent à l'intérieur des neurones, et sont formées d'une substance qui s'agglutine en filaments. Les protéines tau sont associées à ces lésions. Normalement, ces protéines se positionnent perpendiculairement aux filaments pour en assurer la stabilité dans le neurone. Dans le cas de l'alzheimer, ces protéines s'enroulent l'une autour de l'autre pour former les filaments appariés en hélice. Cela endommage le neurone et provoque par la suite sa mort.

L'enjeu des chercheurs, c'est de détecter précocement les peptides bêta amyloïdes quand ils sont encore solubles, avant même l'apparition des plaques.

Pour le moment, il n'existe que quatre médicaments (Reminyl, Aricept, Exelon, Ebixa) qui permettent de traiter divers symptômes et d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes pendant quelques années.

Les dernières recherches

De récents travaux réalisés à l'Institut Pasteur ont permis d'identifier les récepteurs nicotiniques dans le cerveau comme nouvelle cible thérapeutique. Ces récepteurs sont situés dans la membrane cellulaire et sont sensibles aux neurotransmetteurs. Ils agissent comme des pores de communication entre le milieu intérieur de la cellule et l'extérieur.

L'équipe du chercheur Uwe Maskos a identifié une région du récepteur nicotinique comme étant la cible à bloquer afin d'empêcher le déficit de mémoire caractéristique de la maladie.

L'enjeu est actuellement de trouver une molécule thérapeutique ressemblant à la nicotine, mais dépourvue de ses effets néfastes.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue Neurobiology of Aging en août dernier. 

Récemment, des chercheurs québécois ont affirmé qu'une diminution de l'apport de sang au cerveau serait le premier signe physiologique de la maladie d'Alzheimer tardive, et non l'apparition de plaques. 

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