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L'arbre généalogique des lézards et des serpents revu et corrigé

L'arbre généalogique des lézards et des serpents a été revu et corrigé par des paléontologues canadiens, qui ont établi qu'un fossile découvert dans les Alpes italiennes datait de 240 millions d'années, ce qui repousse de 75 millions d'années l'origine de ces animaux.

Un texte d'Alain LabelleLes restes fossilisés du petit reptile Megachirella wachtleri, une bête à quatre pattes de la taille d’un doigt possédant un corps recouvert d'écailles et un long museau, ont été mis au jour en 2003.

Mais ce n’est que récemment que des examens approfondis ont révélé certaines caractéristiques particulières qui étaient restées cachées lors des premières analyses.

Le paléontologue Tiago Simões et ses collègues de l’Université de l’Alberta à Edmonton estiment que ce spécimen est le plus ancien ancêtre connu de l’ordre des squamates, le groupe de reptiles qui comprend les lézards et les serpents.

Un travail d'enquête

L’équipe canadienne a passé le fossile dans un scanner très haute définition capable de fournir une image à 360 degrés pour débusquer un petit os de la mâchoire inférieure de l'animal que les squamates sont les seuls à posséder.

Il serait ainsi l'ancêtre direct d'environ 10 000 espèces actuelles qui habitent la planète depuis plus de 240 millions d'années.

Un arbre évolutif revu

Ces travaux jettent aussi un nouvel éclairage sur les espèces qui ont survécu à l'extinction dévastatrice du Permien-Trias, il y a quelque 252 millions d'années. En effet, selon cette étude, Megachirella wachtleri aurait vécu avant cette extinction massive qui a emporté plus de 90 % des espèces océaniques et 75 % de celles qui vivaient sur la terre ferme.

Jusqu'à présent, les restes des plus anciens lézards retrouvés dataient d'il y a environ 170 millions d'années, pendant la période jurassique. C'est seulement 70 millions d'années après que les premiers dinosaures connus eurent commencé à fouler la surface terrestre.

Un trou évolutif comblé

Les preuves génétiques et l’analyse d’autres fossiles de reptiles laissaient à penser que les lézards étaient apparus beaucoup plus tôt, mais la présente découverte comble ce vide dans l’évolution des lézards, qui constituent aujourd'hui un groupe très diversifié et important sur le plan écologique.

Leur évolution précoce demeurait cependant mystérieuse.

Ironiquement, le terme « dinosaure » signifie « terrible lézard », mais M. Simoes explique que les lézards et les dinosaures ne sont pas du tout étroitement liés sur le plan évolutif.

Ils sont dans des branches opposées de l'arbre génétique reptilien.

Les dinosaures sont dans la branche qui comprend les oiseaux et les crocodiles, tandis que les lézards, les serpents et les sphénodons – des animaux ressemblant aux lézards – sont sur une branche complètement différente.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature.

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