Il y a environ 40 000 ans, dans les cavernes de Goyet, l'homme de Néandertal mangeait des chevaux ou des rennes, mais aussi ses congénères, selon une nouvelle étude internationale.

C'est ce que soutient l'anthropologue Hélène Rougier, qui dirige une équipe scientifique internationale, après avoir reconstitué des os grâce à des fragments retrouvés dans les cavernes de Goyet. Son étude sur ces grottes belges a été publiée en juillet dans le journal Scientific Reports.

Elle ignore toutefois pourquoi les Néandertaliens ont pratiqué le cannibalisme et à quel point cette pratique était répandue. « Ça peut être purement alimentaire, mais ça peut être aussi symbolique. La raison reste ouverte », indique-t-elle.

On peut conclure que certains Néandertaliens sont morts et ont été mangés ici.

Hélène Rougier, anthropologue

De nombreux os humains appartenant à six individus (un nouveau-né, un enfant et quatre adultes ou adolescents) ont été analysés et présentent des signes de découpage « pour les désarticuler et en enlever la chair », selon l'archéologue belge Christian Casseyas.

Selon lui, les hommes de Néandertal ont « cassé ces os de la même manière qu'ils cassaient ceux des rennes et des chevaux qu'on a trouvés à l'entrée de la grotte, certainement pour en extraire la moelle ».

« C'est irréfutable, ici aussi, on pratiquait le cannibalisme », affirme Christian Casseyas.

Quelques-uns des os ont en outre été utilisés pour en faire des outils.

Ces cas de cannibalisme dateraient d'il y a environ 40 000 ans - soit au moment où l'homme de Néandertal allait bientôt disparaître pour laisser place à notre ancêtre direct, l'homme de Cro-Magnon, qui coexistait avec lui à ce moment-là.

L'homme de Néandertal, dont le cerveau est un peu plus gros que celui de l'homme moderne, était vu comme un être rustaud. Pourtant, il entretenait bien le corps des défunts, puisque des sépultures néandertaliennes ont été découvertes.

D'autres cas de cannibalisme ont déjà été constatés, surtout dans des populations vivant dans le sud de l'Europe, en Espagne et en France.

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