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L'homme de Néandertal faisait preuve de compassion

Il a souvent été décrit comme une brute en comparaison avec l'humain moderne, mais la réalité serait beaucoup plus nuancée : le néandertalien s'occupait de ses malades en leur prodiguant des soins efficaces qu'il donnait sans compter.

Un texte d'Alain Labelle

Les travaux réalisés par l’anthropologue britannique Penny Spikins et ses collègues de l’Université York révèlent que les soins qu’il donnait aux malades et aux blessés étaient répandus, efficaces et qu’ils se voulaient une « réponse compatissante » à la douleur.

Il était connu que les Néandertaliens prodiguaient parfois des soins aux blessés, mais cette étude montre qu'ils prenaient vraiment soin de leurs pairs, quelles que soient la maladie ou la blessure et qu’ils le faisaient au-delà de leurs intérêts personnels.

De nombreux restes retrouvés de l’Homo neanderthalensi, disparu de la surface terrestre il y a 30 000 à 40 000 ans, montrent des traces de blessures graves ou de maladies qui mettent en évidence des conditions débilitantes.

Dans certains cas, montre la présente étude, les blessures se sont produites bien avant le décès et ont nécessité une surveillance et une prise en charge de la fièvre et des soins d'hygiène.

Par exemple, l’analyse des restes d'un homme décédé entre 25 et 40 ans montre une santé déclinante, ainsi que la présence d’une maladie dégénérative de la colonne vertébrale. Son état de santé aurait diminué grandement sa force et aurait limité sa contribution à la vie de groupe au cours des 12 derniers mois de sa vie. Il serait ainsi demeuré au sein de son groupe jusqu’à sa mort, et a ensuite été enterré avec égard.

« Notre étude détaillée du contexte social et culturel révèle une image différente », poursuit le Dr Spikins.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal World Archaeology.

De précédents travaux avaient montré que les Néandertaliens se soignaient à l'aide d'antidouleurs il y a 48 000 ans en mangeant du peuplier, qui libère une substance aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques, et de la moisissure produisant naturellement de la pénicilline, un antibiotique.