Retour

L'hydromorphone, un antidouleur pour soigner les héroïnomanes

Des chercheurs de Vancouver ont déterminé qu'un médicament contre la douleur pouvait aider les héroïnomanes à se défaire de leur dépendance. L'hydromorphone, un dérivé semi-synthétique de la morphine qui peut être prescrit par des médecins au Canada, aurait les mêmes effets que l'injection d'héroïne pharmaceutique.

C'est le Journal of the American Medical Association qui a publié mercredi les résultats de cette étude menée par la régie de la santé Providence Health Care, l'Université de la Colombie-Britannique et l'Hôpital St. Paul dans une clinique du quartier défavorisé du Downtown Eastside à Vancouver.

« La méthadone et le suboxone sont souvent efficaces, mais pas pour certains patients, a constaté le ministre britanno-colombien de la Santé, Terry Lake. Cette étude démontre qu'un traitement alternatif est possible pour ceux qui sont dans le besoin ».

Selon Providence Health Care, 10 % des héroïnomanes suivis ne disposent pas de traitement efficace pour leur accoutumance.

Les chercheurs soulignent que les essais cliniques réalisés dans le cadre de cette étude sont uniques au monde.

« Jamais auparavant l'hydromorphone n'avait été envisagé comme un traitement de substitution aux opioïdes. Notre étude démontre que ce médicament est aussi efficace que la diacétylmorphine (NDLR : le nom scientifique de l'héroïne pharmaceutique), ce qui représente une alternative prescriptible sur ordonnance pour le traitement de la dépendance », ajoute la Dre Eugenia Oviedo-Joekes, chercheuse principale.

Elle conseille un système d'injection dans des cliniques spécialisées sous la supervision de professionnels de santé. Sur les 88 451 injections réalisées durant l'étude, les chercheurs rapportent 14 surdoses et 11 crises, toutes gérées de façon sécuritaire au sein de la clinique.

Moins d'activités illégales

Les scientifiques ont aussi noté une réduction des activités illégales grâce à l'accompagnement des patients durant l'étude : les participants sont passés d'une moyenne de 14,1 jours d'activités illégales par mois à moins de 4.

Au total, 202 patients choisis de façon aléatoire ont participé à l'étude en recevant à l'aveugle des injections d'hydromorphone et de diacétylmorphine sur une période de six mois à la clinique PHC's Crosstown. Les participants ont été encadrés par des médecins, des infirmières et des travailleurs sociaux.

Plus d'articles

Commentaires