Les récentes données recueillies par le télescope spatial Hubble de la NASA laissent à penser que l'énorme tache sombre détectée en 2015 à la surface de la planète Neptune s'est maintenant estompée.

Un texte d'Alain LabelleDes orages à la surface de la huitième et dernière planète du Système solaire ont été détectés pour la première fois en 1989 par la sonde Voyager 2 de la NASA.

Depuis, seul Hubble a les capacités techniques nécessaires pour les observer, puisque Neptune se trouve à 4490 millions de kilomètres du Soleil.

Les instruments du télescope en ont détecté deux autres dans les années 1990, mais elles ont disparu depuis. Ils ont ensuite permis d'observer une immense tache sombre en 2015, et les scientifiques l'ont suivie depuis de sa découverte à sa disparition. Elle était si imposante qu’elle aurait pu, sur Terre, couvrir l’océan Atlantique d’une côte à l’autre.

Comme celle de Jupiter, c’était une tempête anticyclonique. Toutefois, contrairement à celle de Jupiter, qui existe depuis des centaines d'années, la présence de la tache neptunienne a été beaucoup plus courte, puisque son apparition et sa disparition sont survenues dans un intervalle de seulement quelques années.

Cette tache serait composée en grande partie de sulfure d'hydrogène et puiserait son matériel profondément dans l’atmosphère de la planète gazeuse. Sur notre planète, l’odeur du sulfure est semblable à celle d’œufs pourris.

Tout comme les ouragans sur Terre, des tempêtes ont été observées sur d'autres planètes, comme Saturne ou Jupiter. La principale tempête de cette dernière est connue sous le nom de grande tache rouge, et existe depuis au moins 350 ans.

Pour leur part, les vortex sombres de Neptune ne durent que quelques années. C'est la première fois qu’un de ces cyclones est détecté alors qu'il est en train de disparaître.

Une chose est certaine, ce vortex sombre ne se comporte pas comme les scientifiques le pensaient.

Les simulations dynamiques prédisaient que cet anticyclone dériverait vers l'équateur de la planète pour se briser et créer une activité orageuse spectaculaire. Mais la tache, qui a d'abord été observée aux latitudes moyennes du sud, semble s'être dissipée beaucoup plus tôt et en toute discrétion. Sa direction surprenante vers le pôle Sud plutôt que vers l'équateur pourrait avoir contribué à cette fin.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Astronomical Journal.

La vidéo qui suit, produite par la NASA, explique en anglais les présents travaux :

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