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L’impossible pas de danse de Michael Jackson décortiqué

L'inclinaison défiant les lois de la gravité de Michael Jackson lorsqu'il danse dans la vidéo de la chanson Smooth Criminal est un heureux mélange de talent et d'une invention de l'artiste, concluent des neuroscientifiques indiens.

Un texte d'Alain LabelleLe clip de cette chanson, 7e extrait de l’album Bad, a été diffusé pour la première fois en octobre 1988. Il a reçu plusieurs prix, dont celui de vidéo de l’année lors de la cérémonie des Brits Awards, l'équivalent britannique des Grammy Awards américains.

Dans certains passages de cette vidéo de plus de 7 minutes, le roi de la pop innove en parvenant à incliner ses chevilles dans un angle de 45 degrés tout en conservant une posture droite.

Selon Manjul Tripathi et ses collègues de l’Institute of medical education and research de Chandigarh, en Inde, cet effet surréaliste est le résultat d’un heureux mélange d’habiletés physiques et d’un truc de… magicien.

Une inclinaison impossible

L'exploit de l’artiste est impressionnant, puisque même les danseurs les plus expérimentés ne parviennent pas à maintenir une inclinaison de 25 à 30 degrés vers l'avant en gardant les pieds complètement au sol.

Comment réussit-il l’exploit? Le chanteur portait des chaussures spéciales brevetées qui, combinées à ses capacités physiques, lui permettaient de se pencher de 45 degrés. Il a même reproduit le mouvement quatre ans plus tard sur scène, lors du Dangerous World Tour de 1992.

L’effet Michael Jackson

La majeure partie de la contrainte physique permettant d’atteindre et de garder cette pose s’appuie sur les chevilles et les tendons d'Achille, et ne fait donc pas appel aux muscles du dos.

Les auteurs expliquent que la technique permettant d’obtenir les quelques degrés d’inclinaison supplémentaires qui donnaient l’impression que Jackson « défiait les capacités humaines » est principalement due à des chaussures modifiées, mais que l’artiste devait également réaliser des prouesses physiques.

Ces souliers possédaient des fentes taillées en V au fond de chaque talon dans lesquelles s'emboîtaient des clous qui se plantaient dans le sol. Ce dispositif permettait ainsi au danseur de pivoter et de se pencher plus facilement, et l'aidait à accomplir plus aisément le mouvement.

Même avec les souliers « magiques », les chercheurs estiment que l’atteinte de l’inclinaison demandait une force physique particulière et un grand talent.

L’atteinte de cette position n'exige pas seulement des souliers particuliers, mais aussi des soutiens autour de la cheville et une force musculaire importante.

« Ce n'est pas un truc simple », conclut Manjul Tripathi, dont les travaux sont publiés dans le Journal of Neurosurgery : Spine.