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L’orbite particulière d’un astéroïde, signe de la présence d’une 9e planète?

La présence d'une immense planète aux confins de notre système solaire pourrait expliquer l'orbite très anormale de l'astéroïde 2015 BP519 découvert il y a trois ans par des astronomes américains.

Un texte d'Alain LabelleLa scientifique Juliette Becker et ses collègues, qui avaient détecté cet astéroïde, estiment aujourd’hui que son comportement atypique s'expliquerait par la gravité qu’exerce une imposante planète – une dizaine de fois plus grande que la Terre – qui se trouverait 20 fois plus loin du Soleil que Neptune.

Cette planète, un objet transneptunien, n’a toujours pas été observée. Elle prendrait entre 10 000 et 20 000 ans pour effectuer un seul tour du Soleil.

Des simulations informatiques réalisées par Mme Becker et son équipe tendent à confirmer le scénario de l’influence d’une planète mystère sur cet astéroïde, qui pourrait lui-même éventuellement s’inscrire dans la catégorie des planètes naines.

Redéfinir notre système

Mais l’observation d’une 9e planète reste pratiquement impossible à l’heure actuelle. Elle se trouve si loin du Soleil qu’elle ne refléterait pratiquement aucune lumière du Soleil.

Si la science réussit un jour à l’observer, elle pourrait représenter une classe de planètes jamais observées dans notre système solaire : une super-Terre.

Ce type de planètes, qui contient jusqu'à 10 fois la masse de la Terre, est abondant dans d’autres systèmes, mais n’est pas présent dans le nôtre, composé essentiellement de géantes gazeuses comme Saturne ou Jupiter et de planètes rocheuses comme Mars et la Terre.

Un élément perturbateur

C’est en 2016 que des chercheurs américains de l'Institut de technologie de Californie (Caltech) ont théorisé pour la première fois sur l’éventuelle présence de cette 9e planète dans notre système. Leurs calculs basés sur la distribution bien particulière des orbites de petits objets situés dans la ceinture de Kuiper révélaient la présence d’un élément perturbateur aux confins du système.

Quelques mois plus tard, des collègues français et espagnols ont précisé les positions possibles de cette planète.

Une équipe de l'Institut français de mécanique céleste et de calcul des éphémérides y est parvenue en utilisant les observations de la sonde Cassini. Grâce à une nouvelle technique moins sujette aux problèmes d’observation, les chercheurs espagnols de l’Université Complutense ont de leur côté basé leurs recherches sur la distribution bien particulière des orbites de petits objets situés dans la ceinture de Kuiper pour en arriver aux mêmes conclusions.

Le détail des présents travaux est disponible ici en anglais.

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