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La couverture vaccinale des enfants canadiens est « insuffisante », selon un rapport

Les flambées récentes de maladies infectieuses au Canada constituent un rappel « troublant » de l'insuffisance de la couverture vaccinale au Canada, selon un nouveau rapport de l'Institut C.D. Howe.

En 2011, le Québec a signalé plus de 700 cas de rougeole, puis il y a eu des crises de coqueluche en Ontario en 2013, à l’Île-du-Prince-Édouard en 2014 et en 2017, ainsi qu'au Manitoba et au Nouveau-Brunswick en 2015.

Cette poussée de maladies infectieuses « devrait amener [...] la santé publique à prendre une pause et à regarder le statut alarmant de la couverture vaccinale chez les enfants canadiens », conclut le rapport.

En effet, la plupart des provinces n’atteignent pas l’objectif d’immunisation pour de nombreuses maladies infectieuses, surtout chez les enfants d’âge préscolaire.

Par exemple, en Colombie-Britannique, seulement 70 % des enfants de 2 ans et 62 % des enfants d’âge préscolaire sont entièrement à jour dans leur programme de vaccination. Au Québec, moins de 75 % des enfants de 2 ans sont entièrement à jour.

L'Institut C.D. Howe déplore que de nombreux enfants n'ont reçu qu'une partie de tous les vaccins qu'ils auraient dû recevoir. D'autres n’ont reçu que la première dose, diminuant ainsi l’efficacité du vaccin administré.

En outre, il est difficile d’obtenir des données complètes sur la couverture vaccinale des enfants d’âge scolaire dans certaines provinces.

« Les données du Québec sont estimées à partir de données issues de sondages et surestiment probablement la couverture », illustrent les auteurs du rapport, qui signalent également des failles dans la collecte d'informations en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Pour sa part, la Colombie-Britannique ne réussit pas à compiler adéquatement le niveau de vaccination dans les régions à forte densité, comme à Vancouver.

Pourquoi les parents ne vaccinent-ils pas leurs enfants?

Malgré toutes les preuves scientifiques, de plus en plus de parents expriment des préoccupations relatives aux risques associés à l’immunisation.

Les campagnes de vaccination du dernier siècle ont permis d’éliminer plusieurs maladies infectieuses, si bien que les nouvelles générations de parents n’ont pas connu de grandes épidémies et sont donc moins conscientes des conséquences parfois mortelles de ces maladies.

Par contre, selon le rapport, seulement 2 % des Canadiens s’opposent fermement à la vaccination.

Ils ne sont pas la raison principale de la couverture vaccinale insuffisante. Sans doute, trop d'attention et d'énergie sont consacrées à essayer de les réfuter.

Rapport de l'Institut C. D. Howe

Comment expliquer dans ce cas l’insuffisance de la couverture vaccinale au pays?

Les raisons qui expliquent l’immunisation incomplète sont souvent complexes et liées au contexte socioéconomique de la famille. Certains parents estiment ne pas avoir suffisamment d’information sur les risques des vaccins; d’autres se disent trop occupés ou disent ne pas avoir accès à un médecin; d'autres encore hésitent à faire vacciner leurs enfants en raison des coûts.

« La vaccination sauve des vies. Grâce aux vaccins, des maladies graves et souvent dévastatrices qui sont évitables par la vaccination ne sont plus la norme au Canada. Quoi qu'il en soit, trop peu de Canadiens se font vacciner », a déclaré Jane Philpott, ministre de la Santé, lors d’une conférence de presse mercredi, annonçant de nouveaux investissements pour des projets visant à améliorer la couverture vaccinale au pays.

Des raisons économiques à la vaccination

Selon le rapport, l’argent dépensé pour l’immunisation contre la rougeole, les oreillons et la rubéole pendant l’enfance réduit le nombre de visites dans les établissements de santé, le nombre d’hospitalisations, de décès prématurés, ainsi que les congés que doivent prendre les parents pour s’occuper de leurs enfants malades.

L’Agence de santé publique du Canada estime que chaque dollar dépensé pour l’immunisation pendant l’enfance génère 16 $ en économies.

Les auteurs proposent donc quelques approches pour améliorer le taux de vaccination :

  • Utiliser les registres électroniques pour suivre la couverture depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte;
  • Cibler les parents réticents et faire un suivi par téléphone ou par courriel;
  • Élargir le rôle des infirmières en santé publique relativement à l’administration des vaccins;
  • Utiliser l’entrée à l’école et à la garderie comme occasion d’évaluer et de favoriser la couverture;
  • Sensibiliser davantage les parents aux bienfaits de la vaccination.

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