La crise de la quarantaine n'existe pas et n'empêche pas le sentiment de bonheur à l'âge adulte, concluent des chercheurs de l'Université de l'Alberta au terme d'une étude qui s'est étalée sur 25 ans.

Dans un article intitulé Up, Not Down : The Age Curve in Happiness from Early Adulthood to Midlife inTwo Longitudinal Studies, Nancy Galambos, Harvey Krahn, Matt Jonhson et leur équipe contredisent les recherches selon lesquelles le sentiment de bonheur commence à décliner entre le début de la vingtaine et la quarantaine.

Ils soutiennent par contre que ce sentiment croît à partir de l'adolescence et les débuts de la vingtaine. « Je pense que la crise de quarantaine est un mythe », affirme Nancy Galambos, qui enseigne la psychologie. « Notre étude, comme d'autres, suggère qu'une crise est possible à n'importe quelle période de la vie et qu'elle n'est pas confinée à une période particulière d'âge », précise-t-elle.

Courbe du bonheur

L'étude conclut par ailleurs :

  • qu'on est plus heureux au début de la quarantaine qu'à l'âge de 18 ans;
  • que le sentiment de bonheur croît plus rapidement entre 18 ans et 30 ans;
  • que le bonheur est élevé dans les années où l'on est marié et dans un bon état mental, alors qu'il est bas dans les années où l'on est sans emploi;
  • que la croissance du sentiment de bonheur entre l'adolescence et le début de la quarantaine est incompatible avec une crise dans la quarantaine.

Fiabilité

Nancy Galambos et son collègue Harvey Krahn soutiennent que leur étude initialement publiée dans la revue Developmental Psychology en septembre est plus fiable que des études antérieures. « Je ne rejette pas la recherche transversale, mais pour savoir comment les personnes changent en prenant de l'âge, vous devez mesurer les mêmes personnes à travers le temps », explique le professeur Krahn.

Les chercheurs ont suivi un groupe de Canadiens âgés de 18 à 43 ans qui ont terminé des études secondaires et un autre groupe de Canadiens âgés de 23 à 37 ans qui ont terminé des études universitaires. Ils ont observé que le sentiment de bonheur était en hausse dans les deux groupes, sauf à 43 ans.

Pendant l'étude, les participants répondaient aux questions sur leur sentiment de bonheur, leur état de santé, leur état civil et leur emploi. « Nous souhaitons que les gens soient heureux pour que leur trajectoire de vie soit facile et qu'ils coûtent moins cher au système de santé et à la société », souligne la professeure Galambos.

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