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La destruction de la Grande Barrière de corail pourrait s'accélérer

Une équipe de chercheurs de l'Arabie saoudite et de l'Australie affirme que la Grande Barrière de corail pourrait se dégrader encore plus vite que ce qui a d'abord été établi par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). 

Selon leur étude parue dans la revue Nature Communications, la diminution de la quantité d'aragonite - un minéral utilisé par les coraux pour former leur squelette - va s'accélérer au fur et à mesure que les océans continueront d'absorber du gaz carbonique (CO2) issu de la combustion d'énergies fossiles par l'homme. 

Combiné à une baisse du pH des océans, ce phénomène provoque la désintégration des coraux.

Responsables d'étudier la constitution génétique des coraux et les répercussions causées par les changements climatiques, les chercheurs ont justement créé un nouveau modèle pour mesurer le taux d'aragonite de la Grande Barrière. 

La tâche était colossale, avec un échantillonnage s'étirant sur plus de 2600 km, de Bundaberg au Cap York.

Ils en sont venus à la conclusion que la diminution d'aragonite « va probablement être plus importante sur la Grande Barrière que ce qui est actuellement prévu » par le GIEC. 

Le GIEC croit déjà que les coraux sont condamnés à l'extinction, alors que l'acidité des océans a augmenté de 26 % par rapport à l'ère pré-industrielle.

Trop peu, trop tard ? 

Malgré les cibles ambitieuses de réduction de gaz à effet de serre promises par plusieurs pays depuis la COP21, il est peut-être trop tard pour qu'une partie suffisante de la Grande Barrière soit définitivement à l'abri et pour éviter l'appauvrissement de la « biodiversité de cet écosystème ».

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), l'une des plus importantes ONG environnementalistes, « ce site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO a perdu plus de la moitié de sa couverture corallienne depuis ces 30 dernières années ».

Ces écosystèmes uniques représentent moins de 0,1 % de la surface des océans, mais abritent environ un quart des espèces marines, y compris des poissons essentiels pour l'homme.