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La fibrillation auriculaire multiplie par deux le risque de démence

La fibrillation auriculaire, la forme la plus répandue d'arythmie cardiaque, est un facteur de risque de déclin cognitif et de démence, montre une étude française.

Un texte d'Alain Labelle

Pour en arriver à ce constat, l’épidémiologiste Archana Singh-Manoux et ses collègues de l’Inserm ont analysé les données recueillies avec la cohorte britannique Whitehall II, qui suit 10 000 personnes depuis 30 ans.

La fibrillation auriculaire correspond à des battements de cœur irréguliers. Elle survient lorsque le signal électrique qui régule le coeur est perturbé. Cette maladie, dont les causes peuvent varier, est plus fréquente chez les personnes âgées et s’accompagne d’essoufflements et de palpitations.

Des questions, et enfin une réponse

Les chercheurs français ont voulu établir si la fibrillation auriculaire et le vieillissement n’étaient pas que des phénomènes coexistants en vieillissant ou s’il y avait un lien de cause à effet entre les deux.

Leurs résultats apportent une réponse : la fibrillation auriculaire serait bien un facteur de risque de déclin cognitif, et même de démence.

Dès 2012, les travaux de l’équipe d’Archana Singh-Manoux établissaient que le déclin cognitif apparaît dès 45 ans, alors qu’il était communément admis qu’il n’y avait pas de déclin avant 60 ans.

Dans les présents travaux, les chercheurs ont suivi à long terme des personnes qui avaient 45 ans et qui étaient en bonne santé au départ, sans aucun trouble cognitif.

Ainsi l’analyse des données de la cohorte montre qu’à tout âge les personnes ayant une fibrillation auriculaire ont un risque de démence multiplié par deux.

Avant de s’intéresser à la fibrillation auriculaire, cette équipe avait également montré l’existence d’un lien entre le déclin cognitif et :

  • les facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, surpoids, etc.)
  • les comportements de santé (consommation excessive d’alcool, tabagisme, activité physique)
  • la durée du diabète

D’autres travaux en cours portent sur les facteurs de risques sociaux (revenus, groupes socioprofessionnels, études), comportementaux et cardiométaboliques.

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