Un portrait-robot de la toute première fleur a été réalisé par une équipe de 36 chercheurs de 13 pays, qui affirment que celle-ci devait être hermaphrodite et que ses organes, qui ressemblaient à des pétales, étaient organisés en cercles concentriques. Détails.

Un texte d'Alain Labelle

Ce minutieux travail de reconstitution s’est effectué sans fossile de fleurs de plus de 130 millions d'années puisqu’il n’en existe aucun. Il a été coordonné par le biologiste français Hervé Sauquet de l’Université Paris-Sud et permet de créer un nouveau modèle pour la diversification des plantes à fleurs.

L’origine et l’évolution des premières plantes à fleurs, et de la fleur elle-même, demeurent aujourd’hui l’une des plus grandes énigmes en biologie presque 140 ans après que Charles Darwin a qualifié « d’abominable mystère » leur développement rapide au Crétacé.

Le temps des fleurs

Les plantes à fleurs (angiospermes) forment le groupe de plantes le plus diversifié sur la planète, avec plus de 300 000 espèces. Elles représentent 90 % des plantes actuelles.

Elles seraient apparues il y a environ 140 millions d’années, relativement tard dans l’évolution des plantes, vers la fin de l’ère des dinosaures.

Les plantes à fleurs ont néanmoins connu depuis une diversification spectaculaire.

Le projet eFlower

Les scientifiques qui ont participé au projet eFlower ont combiné les données sur la structure florale des espèces actuelles et sur le tout dernier arbre évolutif des plantes à fleurs, construit à partir des informations génétiques des différentes espèces.

Six ans de travail ont été nécessaires pour arriver à ces conclusions. L'équipe a échantillonné 800 espèces sur les 300 000 existantes.

Les scientifiques en viennent à la conclusion que la toute première fleur était probablement portée par un petit arbre ou par un buisson.

L'étude a aussi permis d'établir que les pièces stériles de la fleur ancestrale étaient vraisemblablement d'un seul type (tépales), comme chez la tulipe.

Mode de reproduction

La plupart des fleurs actuelles sont hermaphrodites, mais un pourcentage non négligeable d'entre elles sont unisexuées. Toutefois, la question du mode de reproduction de la toute première fleur n'avait pas encore été tranchée.

Ainsi, la fleur ancestrale était hermaphrodite, c’est-à-dire possédant à la fois des parties femelles (carpelles) et mâles (étamines), et plusieurs verticilles (cycles concentriques) d’organes ressemblant à des pétales, organisés par groupes de trois.

En outre, les résultats de cette étude apportent de nouveaux éléments sur les premiers stades de l’évolution des fleurs et offrent pour la première fois un scénario simple et plausible pour expliquer la diversité spectaculaire des formes florales.

Parmi les résultats les plus surprenants figure un nouveau modèle inédit pour la fleur ancestrale.

Les organes de la première fleur étaient probablement arrangés en trois ou quatre cercles concentriques (verticille). Chaque cercle devait comporter trois pièces à la base.

En effet, il a longtemps été présumé que la fleur ancestrale avait tous ses organes arrangés en spirale.

Malgré ces nouveaux éléments sur l’histoire évolutive des plantes à fleurs, de nombreuses questions demeurent sans réponse, puisque le registre fossile de ces plantes est incomplet.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Communications.

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