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La migration exceptionnelle du Diprotodon optatum

À l'image de la grande migration saisonnière du gnou et du zèbre en Afrique dans la plaine du Serengeti, le Diprotodon optatum parcourait l'Australie à la recherche de nourriture.

Un texte d'Alain Labelle

Cet animal, qui est considéré comme le plus imposant marsupial à avoir foulé la surface terrestre, est aussi la seule espèce marsupiale connue à effectuer une migration annuelle.

L’une des particularités des marsupiaux, qui comprennent aussi les kangourous et les koalas, est que les bébés ne se développent pas complètement dans l'utérus de la mère, comme les autres mammifères. Ils naissent et poursuivent leur croissance dans le marsupium (une poche) de leur mère.

Le Diprotodon optatum vivait en Australie et en Nouvelle-Guinée durant le Pléistocène jusqu’à environ il y a 40 000 ans.

C’est l’analyse d’une dent qui a permis au paléontologue Gilbert Price et à ses collègues de l’Université du Queensland d’établir que la bête parcourait de grandes distances chaque année pour se nourrir.

L’un de ces éléments chimiques retrouvés dans leurs dents est le strontium, et le ratio des différents isotopes varie d’une région à l’autre. Il peut ainsi donner des indications sur les allées et venues d’une espèce.

C’est en analysant les rapports d'isotopes du strontium dans une incisive que les chercheurs ont pu établir que le Diprotodon optatum migrait sur une base annuelle.

Les analyses n’ont pas permis d’établir la raison exacte de la migration, mais l’analyse des isotopes de carbone laisse à penser que ces grands animaux avaient un régime très limité. Ils migraient peut-être pour suivre les sources de nourritures qui apparaissaient d’un endroit à l’autre selon la saison.

Les troupeaux pouvaient parcourir jusqu’à 200 km par jour.

Le détail de cette découverte est publié dans les Proceedings of the Royal Society B.

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