Voici revenu ce temps de l'année où sévit le maximum d'ouragans. Même si la saison débute le 1er juin et se termine le 30 novembre, plus des trois quarts des ouragans se produisent de la mi-août à la mi-octobre. Voici comment ils se forment.

Ève Christian

  Un texte de Ève Christian

Définition et appellations

Ces importantes tempêtes d'origine tropicale qui voyagent au-dessus des océans sont souvent d'une grande violence et peuvent provoquer des déluges et de forts vents tourbillonnants. Cependant, leur arrivée sur les côtes amorce leur mort, puisque leurs vents diminuent substantiellement.

Selon l'océan au-dessus duquel elles naissent, ces tempêtes portent différents noms :

  • « ouragan » dans l'océan Atlantique, et dans l'est et le centre du Pacifique;
  • « typhon » dans le nord-ouest du Pacifique;
  • « cyclone » dans l'océan Indien.

Cependant, ces appellations désignent toutes le même phénomène météorologique.

L'union fait la force

Les premières tempêtes de la saison se forment surtout dans le golfe du Mexique, dans l'ouest de la mer des Caraïbes ou au sud-est de la côte américaine, près de la Floride. Elles sont souvent moins intenses puisqu'elles n'ont pas le temps d'emmagasiner beaucoup d'énergie avant de toucher terre et d'être coupées de leur carburant, l'eau chaude de l'océan.

Mais quand arrive le mois d'août, une combinaison d'éléments étend graduellement la zone de formation des ouragans jusque vers la côte ouest-africaine.

Dans cette région, il y a un important contraste entre l'air extrêmement chaud du désert du Sahara et celui, humide et frais, au-dessus des forêts et de l'océan, le long de la côte du golfe de la Guinée. Ces différences de températures nord-sud créent un courant-jet à plus de 3000 mètres en altitude. Se déplaçant de l'est vers l'ouest - à travers l'Afrique jusqu'au-dessus de l'Atlantique, il forme généralement tous les trois jours des ondes atmosphériques ressemblant à des vagues sur l'océan.

Sous certaines conditions, quelques-unes d'entre elles seront poussées à l'ouest par les alizés et se développeront en gros systèmes orageux qui, ensuite, se transformeront en tempêtes tropicales. Ces conditions, on les retrouve à ce temps-ci de l'année.

D'abord, l'océan Atlantique et l'air au-dessus sont chauds, puisque depuis des semaines ils accumulent la chaleur du soleil estival. Celà augmente l'évaporation de l'eau, qui favorise une hausse de l'humidité dans l'atmosphère.

Finalement, le cisaillement du vent s'affaiblit. En mai, il est très fort et empêche les perturbations de prendre de la vigueur; mais au fur et à mesure que l'été avance, il diminue pour atteindre un minimum vers la fin d'août. Il n'est donc plus un obstacle au développement des tempêtes tropicales.

Dans ces conditions, quand une onde tropicale démontre un mouvement de rotation et que la vitesse des vents commence à s'élever, elle devient un système organisé. Selon l'évolution des vents, elle changera d'appellations.

  • Dépression tropicale : une perturbation dont les vents sont inférieurs à 61 km/h;
  • Tempête tropicale : la force des vents va de 62 km/h à 118 km/h. Attention : même si ses vents ne sont pas si forts, une tempête tropicale peut tout de même déverser de 100 à 200 mm de pluie. C'est d'ailleurs à ce stade qu'on commence à nommer le système nuageux.
  • Ouragan : dès que les vents dépassent 119 km/h, c'est la naissance d'un ouragan; on le classifie grâce aux cinq catégories de l'échelle de Saffir-Simpson. Un ouragan dont les vents dépassent 178 km/h est qualifié de majeur, étant dans les catégories 3, 4 ou 5. Cette graduation sert à estimer les dommages et les inondations que l'ouragan risque de causer en atteignant les côtes. La vitesse du vent est le facteur déterminant de cette échelle, mais on y voit aussi des critères de hauteur de vagues et de quantité de pluie.

Alex, Bonnie et Colin

Une fois le stade de dépression passé, on baptise les tempêtes tropicales afin de simplifier la communication avec la population. Il y a très longtemps, on les identifiait par leur position en latitude-longitude. Mais lorsque deux tempêtes se suivaient de quelques kilomètres, la confusion régnait.

Plusieurs autres solutions ont été envisagées pour les reconnaître : les nommer avec des prénoms des saints du jour de leur formation, ceux de politiciens et par l'alphabet phonétique (Able, Baker, Charlie...). Mais le nouvel alphabet phonétique international ayant été introduit, ça se compliquait. Donc pour simplifier, à partir de 1953, les États-Unis ont utilisé les prénoms féminins pour nommer les tempêtes.

Mais depuis 1979, l'Organisation météorologique mondiale établit des listes alphabétiques composées de prénoms, courts et distincts, féminins et masculins, d'origines anglaises, françaises et espagnoles, en alternance. Ces listes comprennent un prénom pour chacune des lettres de l'alphabet, sauf cinq (Q, U, X, Y et Z). Dans le cas où il y aurait plus de 21 tempêtes tropicales dans l'Atlantique dans une même saison, comme en 2005, on poursuivra la nomination avec l'alphabet grec : Alpha, Beta, Gamma...

Les listes de prénoms sont réutilisées tous les six ans. Autrement dit, celle de 2016 sera réutilisée en 2022 à moins qu'un ouragan ait été particulièrement dévastateur. Dans ce cas, le nom est retiré et remplacé afin d'éviter de confondre cet ouragan destructeur avec d'autres en cours de formation.

Par exemple, sur la liste de 2005, le prénom Katrina, ouragan dont on se souviendra longtemps, a été remplacé en 2011, par Katia.

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